Coronavirus en Guadeloupe : La justice demande à l’ARS de commander tests et traitements « en nombre suffisant »

PANDEMIE Le tribunal administratif de Basse-Terre justifie notamment sa décision par la faiblesse du système de santé local

20 Minutes avec agences

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Tests de dépistage du coronavirus (illustration).
Tests de dépistage du coronavirus (illustration). — CHINE NOUVELLE/SIPA

Le tribunal administratif de Basse-Terre a enjoint le CHU et l’Agence régionale de santé (ARS) de Guadeloupe de commander « en nombre suffisant » des tests de dépistage du Covid-19 ainsi que des doses de traitement par hydroxychloroquine et azithromycine. Saisi en référé par le syndicat guadeloupéen UGTG, le tribunal administratif justifie notamment sa décision par la faiblesse du système de santé local, dans son jugement rendu samedi.

Le tribunal évoque un « nombre de lits de réanimation particulièrement limité en Guadeloupe », mais aussi « la pénurie avérée de matériels de protection des soignants et des personnels des forces de l’ordre et celle de tests de dépistage ». Ces données sont « constitutives d’atteintes graves et manifestement illégales au respect de la vie ».

Des « doses nécessaires »

L’UGTG s’est félicitée dans un communiqué de ce jugement et assure au « peuple de Guadeloupe » mettre tout en œuvre pour « contraindre les autorités politiques et sanitaires à respecter (…) immédiatement les injonctions du juge ». Mais le syndicat, qui demandait 200.000 tests et de quoi traiter 20.000 patients auprès d’entreprises déjà sélectionnées, n’a pas eu gain de cause sur ce point.

Dans son injonction, le tribunal ne donne aucun chiffre, parlant simplement de « doses nécessaires » de traitement et d’un « nombre suffisant » de tests. Si le « CHU ne commente pas une décision de justice » selon sa direction, l’ARS, elle, a « pris acte » du jugement. 

Elle se dit « satisfaite de voir que le tribunal n’a pas entériné la demande de l’UGTG d’acheter des tests et médicaments dans les quantités qu’ils ont demandées sans être experts et auprès des entreprises qu’ils ont citées », écrit-elle dans un communiqué. Elle rappelle que « le dépistage et le traitement de la population guadeloupéenne se font selon les règles édictées par la loi et les préconisations ministérielles ».