Coronavirus : Médecin retraité, informaticien ou simple volontaire… Une plateforme permet de se signaler à l’hôpital

VOLONTARIAT La plateforme Whoog, utilisée par de nombreux établissements de santé, permet de se porter volontaire pour effectuer des missions, que l’on soit soignant ou pas

Béatrice Colin

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Au sein de l'hôpital Purpan du CHU de Toulouse. (Illustration)
Au sein de l'hôpital Purpan du CHU de Toulouse. (Illustration) — B. Colin / 20 Minutes
  • Depuis plusieurs années, la plateforme Whoog permet aux établissements de santé de proposer des missions temporaires en interne à ses soignants pour pallier l’absentéisme.
  • Avec la crise du Covid-19, certains établissements l’ont ouvert aux soignants retraités, aux étudiants et à toutes les bonnes volontés.
  • Le CHU de Toulouse a ainsi 420 candidatures de personnes prêtes à remplir des missions pour soulager les personnels soignants.

« On devait partir s’installer aux Etats-Unis, à trois jours près, nous n’avons pas pu prendre notre avion et nous sommes coincés dans notre appartement. Nous avons du temps, on préfère donc le passer à aider », expliquent Océane et son mari Antoine. Après avoir vu passer une annonce sur Instagram, ce couple s’est inscrit sur la plateforme Whoog, pour proposer ses services au CHU de Toulouse.

Elle est informaticienne et lui ingénieur. Ils n’ont aucune compétence médicale, mais sont prêts à aider si jamais l’hôpital avait besoin de leur savoir-faire ou juste de leurs bras. Ils sont ainsi plus de 420 à avoir déposé leurs candidatures sur la plateforme depuis le début de l’épidémie de coronavirus selon la direction du CHU.

350.000 inscrits en France

Parmi eux, des médecins à la retraite, des étudiants dans le secteur médical et d’autres profils plus variés. « Depuis le début de la crise, nous avons eu un doublement des inscriptions des volontaires. Au départ, les hôpitaux qui utilisent la plateforme s’en servaient pour le personnel soignant, mais là certains d’entre eux ont rajouté des fonctions et font appel à d’autres compétences que ce soit pour de la blanchisserie ou de la reprographie », indique Guerric Faure, le fondateur de Whoog.

La plateforme est née en 2015, en lien avec le CHU de Montpellier, pour gérer ses besoins en personnel soignant. « Ils faisaient appel à beaucoup d’intérimaires pour les remplacements, certains salariés étaient en burn-out, les cadres passaient 50 % de leur temps à chercher du personnel. Tout le monde s’est mis autour de la table pour voir comment en interne on pouvait faire appel à du personnel pour des missions ponctuelles dans d’autres services », raconte-t-il.

Aujourd’hui, plus de 1.500 établissements de santé, dont la moitié des CHU de France, utilisent cette plateforme pour gérer leurs besoins en personnel. Y compris ceux très touchés de Creil ou Mulhouse. Au total, 350.000 personnes y sont inscrites et chaque jour 3.500 missions y sont postées.

Pour gérer l’arrivée de la vague

Chaque soignant s’inscrit ainsi volontairement et n’est pas obligé de répondre à une offre de mission. Nicolas Clouard, infirmier puériculteur en réanimation à l’hôpital des enfants de Toulouse, a déjà répondu à deux reprises à l’une de ces missions. « Je suis allée en néonatalogie et en infectiologie pédiatrique. C’est un outil pour pallier les absences impromptues, notamment dans des services où les équipes sont petites et ne peuvent pas faire plus d’heures par semaine », insiste-t-il.

Si ce n’est pas obligatoire, il sait que la majorité de ses collègues sont inscrits. Et pour lui c’est une bonne chose pour gérer la vague de patients Covid-19 qui va bientôt arriver dans les services du CHU de Toulouse. « Des collègues vont être exténués, certains vont tomber malades, il faut des personnels en soutien et cette application permet de déclencher des appels du jour au lendemain et même de l’après-midi pour le soir. On voit qu’il y a aussi un élan d’autres personnes, des retraités qui s’inscrivent, certains nous proposent aussi de confectionner des visières de protection, il y a une belle solidarité », confie l’infirmier.