Coronavirus : Un essai clinique, piloté à Lyon, pour évaluer des traitements expérimentaux débute ce dimanche

RECHERCHE L'essai clinique, piloté à Lyon et baptisé Discovery, va inclure 3.200 patients, parmi lesquels 800 français positifs au coronavirus

Elisa Frisullo

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Dans un hôpital à Pau, une salle dédiée au dépistage du coronavirus, le 10 mars 2020.
Dans un hôpital à Pau, une salle dédiée au dépistage du coronavirus, le 10 mars 2020. — Quentin Top/SIPA
  • Un essai clinique destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus débute ce dimanche.
  • Piloté à Lyon, ce projet va inclure 3.200 malades européens, dont 800 Français.
  • Sera notamment testée dans le cadre de cet essai l’hyroxychloroquine, dont l’efficacité est mise en avant par le professeur Raoult de l’IHU de Marseille.

Des milliers de patients atteints par le coronavirus vont être inclus dans l’expérimentation. A compter de ce dimanche, un essai clinique européen, piloté à Lyon et coordonné par l’Inserm, débute pour évaluer des traitements expérimentaux contre le coronavirus.

Ce projet de recherche, baptisé Discovery, dont la partie française est financée par les ministères de l’Enseignement Supérieur de la Recherche et de l’Innovation et de la Santé et des Solidarités va permettre de tester « quatre stratégies thérapeutiques expérimentales qui pourraient avoir un effet contre le Covid-19 au regard des données scientifiques actuelles », apprend-on de l'Inserm ce dimanche.

« Nous avons analysé les données issues de la littérature scientifique concernant les coronavirus SARS et MERS ainsi que les premières publications sur le SARS-COV2 émanant de la Chine pour aboutir à une liste de molécules antivirales à tester », ajoute l’organisme public de recherche français. Dans les prochaines semaines, l’efficacité du remdesivir va être évaluée, tout comme celle du lopinavir en combinaison avec le ritonavir. L’hyroxychloroquine, dont l'’efficacité est mise en avant par le professeur Raoult de l’IHU de Marseille dans le cadre d’une étude restreinte, va également être testée dans le cadre du projet Discovery.

Concrètement, 3.200 patients de Belgique, des Pays-Bas, de Luxembourg, du Royaume Uni, d’Allemagne et d’Espagne, parmi lesquels au moins 800 Français, vont être inclus dans cet essai clinique. Les traitements seront testés sur des malades positifs au Covid-19 bien sûr, hospitalisés dans un service de médecine ou de réanimation.

Plusieurs groupes de patients

Pour mesurer l’efficacité des traitements, les patients seront répartis en différents groupes. L’un d’eux bénéficiera de soins standards, prodigués aujourd’hui. Les autres malades bénéficieront en plus de ces soins, de l’une des molécules en test. « Patients et médecins sauront quel traitement est utilisé. L’analyse de l’efficacité et de la sécurité du traitement sera évaluée 15 jours après l’inclusion de chaque malade », précise l’Inserm.

Ce projet de recherche, piloté par Florence Ader, infectiologue à l’hôpital de la Croix-Rousse au CHU de Lyon et chercheuse au Centre international de recherche en infectiologie, va concerner cinq hôpitaux français : l’hôpital Bichat à Paris, Lille, Nantes, Strasbourg, Lyon. Une vingtaine d’établissements hospitaliers devrait être concernée dans un second temps.