Coronavirus : Les Pays de la Loire encore préservés, mais « il faut se préparer à une inexorable vague »

EPIDEMIE Jeudi soir, 23 personnes se trouvaient dans un service de réanimation des Pays de la Loire

Julie Urbach

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Le CHU de Nantes
Le CHU de Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Depuis le début de l'épidémie, la région affiche l'un des plus faibles taux d'incidence. Trois personnes sont décédées.
  • «Nous nous préparons à une inexorable vague, insiste pourtant l'ARS des Pays de la Loire. C'est une question de jours.»

Alors que le coronavirus circule intensément dans un certain nombre de régions françaises, notamment dans le Grand Est ou l’Ile-de-France, la région des Pays de la Loire est encore plutôt préservée. Si l’Agence régionale de santé a arrêté de tenir un décompte des cas, elle indique qu’au total, 23 personnes étaient hospitalisées dans un service de réanimation, jeudi soir. « Parmi elles, treize ont été dépistées positives au Covid-19 (six à Nantes), indique Jean-Jacques Coiplet, le directeur de l’ARS. Les dix autres sont des cas suspects, en attente de diagnostic. »

Depuis le début de l’épidémie, la région affiche l’un des plus faibles taux d’incidence. Le coronavirus a fait trois victimes, la dernière étant une femme de 95 ans, décédée au CHU de Nantes. Un bilan qui risque de s’alourdir. « Nous nous préparons à une inexorable vague, insiste Jean-Jacques Coiplet. Elle va traverser la France, c’est une question de jours pour notre région. »

Certains sont encore en incubation

Alors que de strictes mesures de confinement sont en place, comment expliquer cette difficulté à contenir le nombre de cas ? « Beaucoup ont été contaminés sans le savoir avant que le confinement n’entre en vigueur, indique le docteur Thierry Le Guen. Certains sont en incubation, et ça va éclore. Ce que l’on espère, c’est que les digues que l’on est en train de construire soient plus fortes que la vague ». « Les gens doivent comprendre que plus ils respecteront les mesures et les gestes barrières, moins le système de soin ne sera saturé. Y compris ceux qui arrivent dans notre région et sur notre littoral : ce ne sont pas des vacances ! », complète Jean-Jacques Coiplet.

Depuis plusieurs jours, l’ARS des Pays de Loire tente de mobiliser un maximum de places en réanimation, dans l’optique de recevoir cet afflux de cas graves. L’offre de 200 lits en temps normal devrait plus que doubler d’ici à dimanche. Tous les lits dont disposent les salles de réveil seront mobilisés si cela ne suffit pas. « Nous travaillons aussi sur un scénario qui nécessiterait d’aller jusqu’à 1.000 places, indique Thierry Le Guen. Nous utiliserons alors des respirateurs de transport pour transformer les lits de médecine en lits de réanimation. »