Coronavirus : Comment une entreprise a relancé ses machines pour produire des millions de masques FFP2 pour nos soignants

SOCIETE A Labarthe-sur-Lèze, près de Toulouse, l’entreprise Paul Boyé Technologies remet progressivement en service ses chaînes de production de masques FFP2. Elle en produit pour l’heure 500.000 par semaine

Hélène Ménal

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Le modèle de masque FFP2 produit à Labarthe-sur-Lèze, près de Toulouse.
Le modèle de masque FFP2 produit à Labarthe-sur-Lèze, près de Toulouse. — Paul Boyé Technologies
  • L’un des quatre industriels français capables de fournir des masques FFP2 est implanté près de Toulouse.
  • Paul Boyé Technologies a remis en fonctionnement ses quatre lignes de production.
  • L’usine produit pour l’heure 500.000 masques par semaine et va monter en cadence.

Le patron, Jacques Boyé, n’accorde plus d’interview. Il est tout tourné vers la montée en cadence de ses chaînes de production de masques FFP2. Alors que de nombreuses manufactures de France sont à l’arrêt pour cause de coronavirus, à Labarthe-sur-Lèze, à une vingtaine de kilomètres au sud de Toulouse, l’usine Paul Boyé Technologies est entrée dans une véritable frénésie.

Habituellement, elle fabrique des uniformes, et des équipements de protection individuelle pour la gendarmerie, les pompiers et l’armée. Mais depuis le début de l’année, elle est devenue encore plus stratégique car il n’y a que quatre sites industriels en France capables de produire ces fameux masques, qui manquent tant dans nos hôpitaux, et sont considérés comme un des remparts les plus efficaces contre les assauts du coronavirus.

Héritage des grippes aviaire et porcine

A Labarthe-sur-Lèze, la mobilisation a commencé dès le début de l’année. Face aux nouvelles venues de Chine, l’entreprise a décidé de remettre en fonctionnement ses « quatre lignes de production de masques FFP2 ». Les deux premières avaient été construites en 2006, dans un contexte de grippe aviaire (H5N1) puis doublées en 2009 avec la grippe porcine (H1N1).

Toutes les machines ont été depuis remontées et remise à niveau. Depuis le 3 mars, l’intégralité de la production est réquisitionnée par l’Etat mais « la montée en puissance se fait progressivement au rythme de l’arrivée des matières premières ».

Bientôt un million de masques par semaine

« Nous mettons en œuvre tous nos moyens pour que la montée en puissance se fasse le plus rapidement possible, ceci afin d’assurer la sécurité de nos soignants. Leur protection en priorité est primordiale pour qu’ils puissent assurer notre propre santé », assure Jacques Boyé dans un communiqué.

A ce jour, Paul Boyé Technologies « sort » 500.000 masques FFP2 par semaine. La cadence hebdomadaire doit monter à un million d’ici la fin du mois de mars, puis à 1,5 million « d’ici trois à quatre semaines »…