Coronavirus : Les CAF verseront une aide aux crèches, le secteur privé juge l’effort insuffisant

GARDE D'ENFANTS Les crèches financées par la Cnaf recevront 27 euros par place fermée et par jour pour les établissements publics et 17 euros pour les lieux privés

20 Minutes avec agences
— 
Des enfants dans une crèche en 2018. (archives)
Des enfants dans une crèche en 2018. (archives) — ROMAIN BEAUMONT/SIPA

La Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) a décidé ce mardi de verser une aide financière « exceptionnelle » à la plupart des crèches, fermées par décision des pouvoirs publics pour enrayer la propagation du coronavirus.

Les quelque 12.500 crèches financées par la Cnaf par la « prestation unique de service » – ce qui exclut les micro-crèches – recevront 27 euros par place fermée et par jour pour les établissements publics et 17 euros pour les lieux privés. Cette aide viendra en complément de l’indemnisation au titre de l’activité partielle, versée pour compenser les salaires des employés contraints à l’inactivité.

Des efforts jugés insuffisants

Toutefois, cet effort a été jugé insuffisant par les entreprises privées du secteur. Dans un communiqué, la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC) s’est « étonnée » de ces montants et a donc appelé « les pouvoirs publics à revoir rapidement le dispositif ». Le coût d’une place en crèche, hors masse salariale, est d’environ 32,20 euros par jour, a expliqué la FFEC. En soustrayant l’aide décidée par les caisses d’allocations familiales, le secteur privé aura donc un reste à charge de 15,20 euros par jour et par place, a-t-elle calculé.

« Ces 17 euros qu’on nous octroie, c’est d’autant plus étonnant que la Cnaf avait de toute façon budgété 28 euros par jour et par place, qui nous auraient été versés si les crèches n’avaient pas dû fermer », a expliqué Elsa Hervy, la déléguée générale de la FFEC.

Une aide demandée pour les micro-crèches

Quant aux micro-crèches, qui accueillent moins de dix enfants, elles ne sont pour l’heure pas concernées par l’effort consenti par la Cnaf, car elles sont financées par un dispositif différent.

Durant la crise épidémique, les pouvoirs publics les ont autorisées à rester ouvertes. Mais un certain nombre d’entre elles ont choisi de garder portes closes malgré tout, soit pour préserver la santé des enfants, soit parce qu’elles n’avaient plus assez de professionnels pour fonctionner normalement, soit encore parce qu’un certain nombre de parents voulaient de toute façon garder leurs enfants à la maison. Pour ces établissements, là aussi, le reste à charge sera important. « Il nous semble logique que la Cnaf fasse aussi un geste envers ces structures », a souligné Elsa Hervy, qui évoque un risque de « faillite ».