Coronavirus : Logements, courses, gardes… La solidarité envers les soignants s’organise

EPIDEMIE Alors que l’épidémie de coronavirus bouleverse la vie de chacun, certains réseaux de solidarité émergent pour proposer une solution de logement, de garde ou d’entraide aux soignants

Oihana Gabriel

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Illustration de la solidarité qui se met en place pour soutenir les soignants.
Illustration de la solidarité qui se met en place pour soutenir les soignants. — Pixabay
  • Alors que les soignants sont déjà débordés dans l’Est du pays, ou s’attendent à subir le coronavirus de plein fouet, certains montent des réseaux de solidarité.
  • Le but : proposer de faire des courses, de garder les enfants, de loger près de l’hôpital ces soignants en première ligne pour sauver les patients.
  • Plateforme étatique, réseau En première ligne ou réseaux locaux, voici les initiatives nationales qui peuvent vous donner des idées.

Il y a ceux qui applaudiront les soignants tous les soirs à 20h au balcon, ceux qui affichent leur reconnaissance sur des banderoles, ceux qui proposent de bonnes lasagnes à la voisine infirmière…

Au deuxième jour de confinement total et strict pour la France entière, quelques initiatives solidaires nationales voient le jour pour soulager un peu les soignants qui sont ou vont être en première ligne pendant cette « guerre » contre le coronavirus.

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Faire des courses ou garder les enfants

Comment aider les infirmières, aides-soignantes, médecins, ambulanciers, kinés qui sont également réquisitionnés ? Certains sites se montent pour proposer un appui. Ainsi, trois amis habitués à construire des communautés ont lancé dimanche En première ligne, un réseau qui met en contact celles et ceux qui sont disposés à aider, soit pour faire des courses, soit pour garder des enfants, et celles et ceux qui ont besoin d’un coup de main. « Dimanche, on a eu 3.000 volontaires pour aider. Aujourd’hui, on est à 25.000, explique Martin Bohmert, responsable des partenariats d’En première ligne. Ce qui veut dire que 300 familles ont trouvé quelqu’un pour un appui, il nous reste 90 familles à aider. »

Comment s’inscrire ? C’est simple, sur le site, chacun peut inscrire son identité, son adresse, en précisant s’il souhaite faire des courses, garder les enfants, ou les deux. « Pour ceux qui acceptent la garde d’enfant, on essaie d’avoir des gens qui ont déjà des enfants à peu près du même âge, on ne matche pas un adolescent avec un enfant de 5 ans… », reprend Martin Bohmert.

Ceux qui nécessitent un appui peuvent également s’inscrire sur le même site. Ensuite, c’est un algorithme qui s’occupe de faire la paire. Sachant qu’un bénévole ne s’occupera que d’une famille et ne peut pas faire les courses pour quinze soignants… Et que chacun est libre de refuser. « Evidemment, on rappelle les consignes de sécurité, et si quelqu’un tombe malade, on trouve de nouveaux bénévoles. »

Les enseignants aussi

Si les créateurs de ce nouveau réseau époque coronavirus ont évidemment pensé aux soignants en priorité, « il y a aussi tous les autres qui doivent travailler : caissières des supermarchés, éboueurs, ceux qui nous permettent d’avoir encore de l’électricité, Internet » précise Martin Bohmert. Et qui n’ont pas accès aux écoles et crèches, réservées aux enfants de soignants.

Et le réseau espère s’étoffer. « C’est en train de prendre partout, assure-t-il. On réfléchit à s’étendre sur d’autres sujets : comment aider les enseignants qui doivent préparer leurs cours, répondre aux élèves en gardant les enfants. Et il y a un autre sujet autour des animaux domestiques. Certaines personnes âgées ne sont pas capables de les sortir… »

Une plateforme étatique pour trouver des volontaires

La solidarité prend aujourd’hui plusieurs aspects. Ainsi, certains réseaux de proximité, comme allovoisins, sont devenus gratuits et proposent une entraide locale. « On sent beaucoup d’envie, mais les gens ne savent pas vers qui se tourner, assure Martin Bohmert. Ainsi, Pierre Marcolini a donné ses chocolats à l’AP-HP. Même chose à Reims pour du thé. » D’ici à ce week-end, cette solidarité devrait prendre une forme plus organisée et large, puisque le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation et de la jeunesse, Gabriel Attal, doit élaborer une plateforme d’appel à volontaires pour aider dans la lutte contre le coronavirus. Selon Paris Match, les personnes qui sont en service civique et en service national universel devraient être appelées en priorité à aider les personnes âgées isolées pour leurs courses et, si besoin, à s’occuper de fonctions non-sanitaires dans les hôpitaux. Dans un deuxième temps, cette plateforme pourrait être ouverte à tous les volontaires.

Loger les soignants près de leurs hôpitaux

Joël Benhamou a, lui, une tout autre idée. Il gère un groupe Facebook de 20.000 investisseurs immobiliers (mastermindimmobilier.com), qui détiennent des logements partout en France. « Depuis que le coronavirus est arrivé, tous ceux qui ont des locations saisonnières, sur Airbnb ou Booking par exemple, n’ont plus aucun client, explique-t-il. En parallèle, on a des soignants qui ont besoin de se loger près de leur lieu de travail. Et qui, s’ils rentrent dans leur famille, risquent de contaminer leurs proches. Autant que nos logements, à condition qu’ils soient équipés, meublés, servent à quelque chose. C’est notre manière de remercier le personnel soignant pour tout ce qu’il fait. »

Mais cet entrepreneur n’en est qu’aux débuts de l’aventure, qu’il souhaite cadrée. En effet, il a contacté le ministère de la Santé pour s’assurer de coller aux besoins… et que ceux qui seront hébergés sont réellement des soignants. « En parallèle, on cherche un assureur pour que tous les propriétaires aient la garantie de récupérer leur appartement sans souci. On cherche aussi une société de nettoyage pour désinfecter le logement. »