VIDEO. Coronavirus à Toulouse : Face à l'explosion du nombre d'appels, le Samu ouvre une cellule spéciale

EPIDEMIE Depuis une dizaine de jours, le Samu 31 enregistre une hausse de 20 à 40 % des appels au centre 15. Pour ne pas interférer avec les autres urgences, une cellule spéciale a été mise en place depuis ce mardi

Béatrice Colin
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Comment le Samu de Toulouse s'organise face aux appels liés au coronavirus — 20 Minutes
  • Depuis une dizaine de jours, le centre d’appels 15 du Samu de Toulouse doit faire face à une recrudescence du nombre d’appels concernant le coronavirus, générant un surcroît d’activités de 20 à 40 %.
  • Pour faire face à cet afflux d’appels, une cellule spéciale vient d’être activée pour ne pas léser l’activité classique du 15.
  • Aucun patient n’a pour l’instant été diagnostiqué positif au coronavirus en Haute-Garonne.

« Hier, j’ai eu au téléphone une dame qui appelait parce que ses collègues la mettaient en quarantaine au prétexte qu’elle toussait. On sentait que c’était dur psychologiquement pour elle », raconte Philippe Frontin. Ce type d’appel au 15, habituellement, le chef adjoint du  du Samu 31 n’en reçoit pas. Lui qui est habitué à traiter des cas graves, qui nécessitent une décision médicale rapide, depuis une dizaine de jours il doit faire face à des demandes de personnes angoissées à l’idée d’avoir pu contracter le coronavirus.

Comme cette maman toulousaine dont le fils a de la fièvre depuis lundi et tousse. « Vous n’avez pas voyagé récemment ? Vous n’avez pas eu de contact avec une personne à risques ? », l’interroge Maxime, un des assistants de régulation médicale du 15. Après quelques secondes d’échange, il finit par l’orienter vers un médecin généraliste de la permanence des soins qui se trouve dans une salle à quelques mètres de là.

20 à 40 % d’activité en plus

Avec l’explosion du nombre d’appels ces derniers jours, le CHU de Toulouse a dû mettre en place un dispositif spécifique. Depuis mardi matin, les personnes qui composent le 15 doivent indiquer avant d’avoir un interlocuteur en ligne s’ils appellent à propos du Covid-19. Leur appel est alors dirigé vers une salle dédiée uniquement à ces questions où se relaient des assistants de régulation médicale.

Car depuis le 24 février dernier, le Samu enregistre en moyenne une hausse de 40 % de dossiers traités par rapport à la même période l’an dernier. « En moyenne, on traite 1.000 dossiers par jour pour lesquels l’on peut avoir plusieurs appels. A l’heure actuelle, pour l’épidémie, c’est 200 à 250 dossiers en plus par jour. Hier dans la tranche 8 h-9 h, on est monté à près de 50 dossiers traités à l’heure », détaille Philippe Frontin qui a dû réorganiser le service pour que les autres patients victimes d’une attaque cardiaque ou d’un accident de voiture ne soient pas pénalisés par cet afflux.

Les personnels ont été rappelés et des médecins généralistes, parfois à la retraite ou disponibles, ont aussi répondu présents pour prendre les appels.

Certains confondent le 15 et le 0800 130 000, numéro vert d’information mis en place par le gouvernement. Donc, dans 80 % des cas il s’agit de les rassurer ou de les réorienter. « Dans un certain nombre de cas, nous sommes obligés de faire des prélèvements. Les gens qui ne peuvent pas se déplacer sont transportés en ambulance. En ce moment, c’est le cas pour 4 à 6 patients par jour. Ceux qui peuvent venir par leurs propres moyens doivent suivre un circuit dédié à l’intérieur du CHU », poursuit le responsable du Samu qui ne cache pas craindre l’effet que pourrait avoir la détection d’un cas avéré dans la Ville rose.

Le service des maladies infectieuses prêt

Tout comme ses collègues du Service des maladies infectieuses et tropicales (Smit) qui accueillent depuis quelques jours les patients qui font l’objet d’une suspicion. « Pour l’heure, dix lits dans des chambres à pression négative sont réservés à la prise en charge de ces patients. Nous en avons déjà accueilli une trentaine, aucun n’a été confirmé », précise le professeur Guillaume Martin-Blondel, chef adjoint du SMIT qui a dû faire face à des cas d’infections plus mortelles au cours des dernières années, notamment le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, le MERS-Cov, au retour du pèlerinage de la Mecque.

« Aujourd’hui, nous nous adaptons au jour le jour, nous sommes prêts pour assurer au cours des semaines qui viennent, nous avons les stocks nécessaires en masques. Je ne suis pas inquiet, nous avons de plus en plus de données sur la gravité du coronavirus qui est relativement faible. Notre inquiétude porte plus sur la désorganisation du système de santé », poursuit le professeur Pierre Delobel, le chef du Smit.