Coronavirus : Des cas suspects écartés à Nice, la préfecture s’organise « face une éventuelle gestion de crise »

SANTE Le préfet n’a pas prévu de renforcer « pour l’instant » les contrôles aux frontières ni d’annuler des événements

Fabien Binacchi

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L'Italie, limitrophe des Alpes-Maritimes, a dépassé le cap des 100 cas de contamination au coronavirus.
L'Italie, limitrophe des Alpes-Maritimes, a dépassé le cap des 100 cas de contamination au coronavirus. — Miguel MEDINA / AFP
  • Le département des Alpes-Maritimes, limitrophe de l’Italie, met en place des mesures sanitaires contre le Coronavirus mais pas de contrôles renforcés à la frontière.
  • Deux cas étaient suspectés ce lundi matin à Nice, leurs tests sont finalement revenus négatifs.

Ils étaient isolés dans des chambres de l’hôpital L’Archet 2 de Nice. Deux habitants des Alpes-Maritimes, cas suspects potentiellement contaminés par le nouveau coronavirus, vont pouvoir regagner leur domicile. Juste après avoir annoncé que ces deux personnes « étaient prises en charge en attendant le retour des analyses », la préfecture des Alpes-Maritimes a fait savoir ce lundi matin que les tests, partis à Marseille, étaient « revenus négatifs ».

Un de ces deux résidants de Cap-d’Ail et Beausoleil revenait de Lombardie, région italienne particulièrement touchée. « Un troisième cas, d’abord suspecté, avait également été écarté » plus tôt, a précisé le délégué départemental de l’Agence régionale de santé (ARS) Paca, suite à une réunion à la préfecture des Alpes-Maritimes et des maires du département.

Pas de contrôles renforcés aux frontières

Un dispositif sanitaire a été mis en place mais le préfet n’a pas prévu de renforcer « pour l’instant » les contrôles aux frontières ni d’annuler des événements. Le Carnaval de Nice et la Fête des citrons sont en cours alors que Cannes s’apprête à recevoir des milliers de personnes pour un congrès immobilier. « J’ai plaidé au cours de la réunion pour pousser au maximum le principe de précaution », a réagi le député Eric Ciotti à l’issue de cette rencontre, appelant le gouvernement à « prendre ses responsabilités ».

« Nous allons mettre en place une cellule quotidienne de suivi. Avec ce qui se passe chez nos voisins italiens, nous sommes en train de nous organiser pour faire face à une éventuelle gestion de crise », a précise le préfet Bernard Gonzalez.

Des kits de dépistage au CHU de Nice

Le CHU de Nice sera équipé « dans les prochaines heures » de kits de dépistage, alors que pour le moment seul l’Institut hospitalier universitaire de Marseille était habilité à procéder à ces diagnostics pour la région Paca, ont également indiqué l’ARS et la préfecture. Des établissements de « deuxième ligne », pouvant accueillir des malades convalescents, ont également été identifiés. Un « contact tracing » va également être mis en place pour identifier, le cas échéant, des « cas contacts » d’une personne contaminée.

A Menton, ville frontalière, les pharmacies ont été prises d’assaut. « J’ai acheté des masques. On ne sait jamais. Il y a plein d’Italiens qui viennent travailler ici et plein de Mentonnais qui bossent aussi de l’autre côté », expliquait sur place Maryse, une retraitée de 66 ans. En Italie, 165 cas ont été recensés et quatre personnes sont décédées.