Fin de vie : Les traitements devraient être plus accessibles à domicile, estime la Haute Autorité de Santé

PATIENTS Cet accompagnement doit être mieux pris en charge, y compris à domicile, en rendant plus accessibles des médicaments pour le moment réservés aux hôpitaux, plaide l’autorité de santé

20 Minutes avec agences

— 

La réglementation des médicaments utilisés pour soulager les malades en soins palliatifs doit évoluer, appelle la Haute Autorité de santé (HAS)
La réglementation des médicaments utilisés pour soulager les malades en soins palliatifs doit évoluer, appelle la Haute Autorité de santé (HAS) — Francois Lo Presti afp.com

Les pouvoirs publics doivent « faire évoluer la réglementation des médicaments » utilisés pour soulager les malades en soins palliatifs. Les autorités publiques doivent permettre « à tous les professionnels de santé, de ville comme hospitaliers, de mettre en œuvre » de façon effective la sédation prévue par la loi sur la fin de vie, estime la Haute Autorité de santé (HAS) dans une recommandation adressée ce lundi au gouvernement.

Fin novembre, le cas d’un médecin normand a mis en lumière les obstacles existants à l’accompagnement d’un patient en fin de vie à domicile. Ce médecin a été mis en examen et interdit d’exercer pour avoir administré à cinq personnes âgées l’un de ces médicaments, normalement réservé à un usage hospitalier.

Un « mode d’emploi » aux médecins

La loi Claeys-Leonetti de février 2016 a instauré un droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les malades en phase terminale pour soulager les souffrances inutiles, notamment après l’arrêt des traitements en cas « d’obstination déraisonnable » ou en cas d’impasse thérapeutique. Mais les médicaments utilisés pour le faire – un produit anesthésique, le midazolam, et des neuroleptiques utilisés habituellement en psychiatrie – sont réservés sauf exception aux hôpitaux.

Comme ils n’ont pas été mis sur le marché pour cette indication, il n’existe pas de « notice » précisant comment les utiliser. Les recommandations de bonnes pratiques publiées ce lundi par la HAS entendent lever ce deuxième obstacle, en fournissant aux médecins un « mode d’emploi ».

Décision collégiale

Désormais, « les médecins qui veulent se lancer dans cette prise en charge » de la fin de vie à domicile « auront un guide pratique », a souligné Pierre Gabach, chef du service des bonnes pratiques professionnelles à la Haute autorité. Concernant la disponibilité des médicaments, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a déclaré début janvier souhaiter que les services du ministère travaillent « de façon urgente » pour en « encadrer, sécuriser et garantir » l’accès en dehors de l’hôpital.

Cet accès est théoriquement possible, par le système de « rétrocession hospitalière », via les pharmacies d’hôpitaux. En pratique, il est cependant très difficile pour les proches des patients de se les procurer.

Autre difficulté, la loi impose que la décision de mettre en œuvre cette sédation soit prise de façon collégiale. Cette condition est plus difficile à remplir pour les médecins de ville, d’autant plus dans les déserts médicaux où les structures d’hospitalisation à domicile ne sont parfois pas disponibles.