Charcuterie : La ligue contre le cancer, Yuka et Foodwatch demandent l’interdiction des nitrites

ALIMENTATION A l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, les trois organisations rappellent l’urgence d’interdire les nitrites, ces additifs présents dans les viandes transformées et qui favorisent les cancers du colon et de l’estomac

Fabrice Pouliquen

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Une operation «coup de poing», le 5 février 2018, dans une grande surface pour dénoncer l'utilisation des nitrites, des conservateurs utilises pour la couleur du jambon et qui seraient responsables de 20% des cancers colorectaux.
Une operation «coup de poing», le 5 février 2018, dans une grande surface pour dénoncer l'utilisation des nitrites, des conservateurs utilises pour la couleur du jambon et qui seraient responsables de 20% des cancers colorectaux. — Yann Bohac/SIPA

A l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, l’ONG Foodwatch, l’application nutritionnelle Yuka et la Ligue contre le cancer, réitèrent leur demande auprès de la ministre de la Santé Agnès Buzin d’interdire les nitrites dans l’alimentation.

Plus précisément, les trois organisations exigent l’interdiction des additifs E249 (nitrite de potassium), E250 (nitrite de sodium), E251 (nitrate de sodium) et E252 (nitrate de potassium), controversés pour leurs effets sur la santé.

Présents dans 12.000 produits en vente en France

Les nitrites sont présents dans plus de 12.000 produits en vente en France, notamment dans les viandes transformées comme la charcuterie industrielle.

« Lorsqu’on les ingère, ils peuvent contribuer à la formation de composés cancérogènes dans notre estomac : des nitrosamines, précisent les trois organisations en préambule de la pétition qu’ils ont lancée sur Internet en novembre dernier et qui a déjà recueilli 180.000 signatures. Ces substances sont classées cancérogènes probables pour l’humain (catégorie 2A) par le Centre international de la Recherche contre le Cancer (CIRC), car elles favorisent l’apparition de cancer colorectal, le deuxième cancer le plus mortel après celui des poumons, et de cancer de l’estomac. »

« Ce qui était une alerte est aujourd’hui une quasi-certitude »

Ces nitrites sont utilisés pour conserver plus longtemps la charcuterie et lui donner sa teinte rosée. De nombreux industriels continuent à les utiliser pour ne pas perturber les habitudes des consommateurs.

Mais les nitrites sont depuis quelques années dans le collimateur. « Les charcuteries nitritées engendrent plus de cancers colorectaux que les autres », affirme au micro d’Europe 1 le président de la Ligue contre le cancer, Axel Kahn. « Nous avons accumulé énormément de données, et ce qui était une alerte est aujourd’hui une quasi-certitude : il faut agir. »