Japon : Un médicament imaginé par une intelligence artificielle va être testé sur des humains

SANTÉ La phase de tests sur des humains arrive après 12 mois, contre environ quatre ans et demi habituellement

20 Minutes avec agence

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Des gélules de médicaments. (illustration)
Des gélules de médicaments. (illustration) — Vincent Loison/SIPA

Un médicament mis au point par une intelligence artificielle (IA) va bientôt être testé sur des humains au Japon. Le traitement a été développé conjointement par Exscientia, une start-up britannique, et le laboratoire pharmaceutique japonais Sumitomo Dainippon Pharma.

La nouvelle molécule est destinée aux personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs. Le traitement a atteint cette phase d’essais cliniques en douze mois là où le processus prend habituellement quatre ans et demi environ, indique le Financial Times.

Des « principes scientifiques solides »

Les algorithmes créés par Exscientia ont généré des dizaines de millions de compositions différentes du médicament, baptisé DSP-1181. Les programmes ont ensuite fait le tri entre toutes ces formules pour ne garder que la plus susceptible d’avoir un effet bénéfique sur le récepteur du cerveau concerné par la pathologie.

Le procédé s’est déroulé « en un nombre bien inférieur d’étapes, ce qui est vraiment impressionnant », estime Sir John Bel, un professeur de médecine qui n’a pas participé au projet. Et il repose, selon lui, sur « des principes scientifiques solides ».

Pharmacologie par algorithme

L’apprentissage automatique et l’IA avaient jusqu’ici été sollicités pour déterminer de nouvelles catégories de patients à qui pouvaient être prescrits des médicaments existants. L’utilisation de ces technologies pour mettre au point des formules inédites, efficaces et sans danger pour les humains s’était révélée plus complexe.

Les travaux des spécialistes japonais et britanniques marquent donc une grande avancée dans le secteur de la pharmacologie assistée par les algorithmes. D’autant plus que ces derniers « peuvent être appliqués à tous les types de traitements contre de nombreuses maladies en oncologie ou des pathologies rares ou cardiovasculaires », se félicite Andrew Hopkins, dirigeant d’Exscientia.