Incendie de Lubrizol à Rouen : Un pic d’hydrocarbures relevé dans le lait maternel de femmes enceintes

POLLUTION ? Les autorités sanitaires estiment que les résultats des analyses ne peuvent être interprétés, faute d’un nombre suffisant de sujets et d’échantillons

20 Minutes avec agence

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L'usine Lubrizol à Rouen, le 25 octobre 2019.
L'usine Lubrizol à Rouen, le 25 octobre 2019. — Robin Letellier/SIPA

Des analyses pratiquées sur neuf jeunes mères des environs de Rouen ont révélé des taux très élevés d’hydrocarbures après l’incendie de l’usine Lubrizol. Les résultats des tests, dévoilés ce mercredi par 76actu, montrent que les taux d’éthylbenzène et de xylène dans le lait maternel ont fortement augmenté après l’accident, survenu le 26 septembre 2019. L’urine des sujets a aussi été analysée.

Un pic certain, faut-il s’inquiéter ?

Les neuf femmes, enceintes à cette période, avaient accepté de participer à une expérience en subissant des tests. Elles avaient fourni des échantillons de leur lait datant d’avant l’incident sur le site industriel. Et selon les analyses effectuées, les molécules d’ hydrocarbures étaient davantage présentes dans les liquides du 7 octobre 2019 que dans ceux du 13 novembre ou ceux antérieurs à la catastrophe.

Le constat a été effectué sur les échantillons d’urine, dont aucun ne datait d’avant l’impressionnant incendie. « Ça caractérise un pic, mais je ne sais pas si cela est inquiétant », a indiqué l’avocate d’une des mères. « Les médecins ne donnent pas d’interprétation. » Au total, l’avocate représente au total une vingtaine de familles dans leur plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui ».

L’ARS « inerte » sur le sujet, dénonce l’avocate des mères

Les autorités expliquent que ces données ne concernent pas assez de femmes pour pouvoir tirer un enseignement de cette expérience. « Les différentes concentrations retrouvées et leurs variations dans le temps pour les femmes rouennaises sont impossibles à interpréter », selon Agnès Buzyn. La ministre de la Santé évoque par ailleurs un « bruit de fond qui est observé à Rouen avant l’incendie, mais également dans d’autres villes de France ».

« Nous n’avons aucune étude publiée concernant le danger des hydrocarbures sur les nourrissons, nous n’avons pas de référence », a de son côté déclaré Christine Gardel, directrice générale de l’Agence régional de santé (ARS). L’avocate des mères dénonce, elle, l'« inertie » de l’ARS sur cette affaire.