CES Las Vegas 2020 : Un bonhomme connecté pour aider les enfants malades à prendre leur traitement

INVENTION Une start-up nantaise, présente actuellement au CES de Las Vegas, a imaginé un objet ludique pour les petits patients atteints d'asthme ou de toute autre maladie chronique

Julie Urbach

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La société nantaise Meyko a inventé un bonhomme connecté pour les enfants malades
La société nantaise Meyko a inventé un bonhomme connecté pour les enfants malades — Meyko
  • Meyko est un bonhomme connecté qui aide les enfants malades à accepter leur traitement, souvent contraignant.
  • L'objet, commercialisé depuis quelques mois, sert aussi de lien entre les familles et le médecin.

Il affiche une mine triste quand c’est l’heure du médicament, mais le sourire revient dès que le cachet est pris. Meyko, un petit bonhomme connecté, accompagne de plus en plus d’enfants atteints de diabète, d’épilepsie ou de mucoviscidose. Au départ conçue pour les petits asthmatiques, cette invention créée il y a quatre ans à Nantes (et présentée au salon CES de Las Vegas qui se déroule jusqu’à dimanche) s’adresse désormais à tous les enfants touchés par une maladie chronique. Ils seraient près de 4 millions en France.

Commercialisé il y a quelques mois après une longue phase de recherche et une campagne de financement participatif, le petit robot bleu fait aujourd’hui partie du quotidien de 400 patients. Il s’est même invité dans des services de pédiatrie de plusieurs CHU de France, comme celui de l’hôpital Necker. Objectif : aider les enfants à suivre mais aussi à accepter un traitement souvent lourd, qui nécessite parfois plusieurs prises par jour. Le petit objet reconnaît le médicament grâce à une pastille d’identification. L’enfant lui caresse ensuite la main pour lui signifier que le cachet est pris.

« Meyko sert à dédramatiser ce rituel, que ce soit une injection, un sirop, ou un inhalateur, explique Sandrine Bender, sa fondatrice de 28 ans, elle-même asthmatique. Les parents nous disent qu’il adoucit les choses, que la motivation revient. C’est très important car un traitement irrégulier peut mener à des complications, des crises et des hospitalisations. »

Un carnet de bord pour les parents

En plus d’être un compagnon qui rappelle et rassure, Meyko sert aussi de carnet de bord aux familles. Connecté à une application pour smartphone, il propose aux parents d’annoter les horaires de prise (et de les partager avec les grands parents ou la nounou) mais aussi tous les symptômes ou événements importants à signaler au médecin. « Cela permet un diagnostic plus précis, assure Sandrine Bender, dont l’invention a déjà reçu une vingtaine de prix. Le médecin sait que le traitement est correctement pris, il peut ainsi affiner le dosage, programmer des examens s’il le faut… »

D’ici à la fin de l’année, la start-up nantaise de quatre salariés espère que 1.500 petits patients auront leur propre Meyko. Elle vient de signer un partenariat avec Philips, qui travaille de son côté sur des inhalateurs plus performants. Distribué sur son site Internet (au prix de 129 euros) et disponible via certaines pharmacies, Meyko cherche d’autres distributeurs, en France et en Europe.