Cancer du sein : Une intelligence artificielle plus précise que des humains pour établir un diagnostic

DEPISTAGE Une intelligence artificielle de Google a réduit le pourcentage d’erreurs dans le diagnostic des cancers du sein par rapport à des experts radiologues

20 Minutes avec agences

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L'intelligence artificielle pourrait améliorer le dépistage du cancer du sein (illustration).
L'intelligence artificielle pourrait améliorer le dépistage du cancer du sein (illustration). — S.POUZET/SIPA

L’intelligence artificielle (IA) pourrait devenir une aide précieuse dans la lutte contre le cancer du sein, l’un des plus fréquents chez les femmes avec plus de deux millions de nouveaux cas diagnostiqués l’an dernier dans le monde. Ainsi, un programme informatique a fait preuve d’une meilleure précision que des experts radiologues pour identifier des cancers du sein à partir d’images de mammographie.

Les résultats de cette expérience sont parus dans la revue scientifique Nature. « D’autres essais, une validation clinique et des autorisations réglementaires sont nécessaires avant que cela puisse commencer à faire une différence pour les patients, mais nous sommes déterminés à travailler avec nos partenaires pour atteindre cet objectif », indique dans un communiqué le Dr Dominic King, responsable britannique chez Google Health, et co-auteur de cette étude.

Moins de diagnostics manqués

Cette technique d’intelligence artificielle issue de la recherche de Google est basée sur un algorithme. Ce dernier a été entraîné, nourri, avec près de 29.000 images de mammographies provenant de Grande-Bretagne et dans une moindre mesure des Etats-Unis. Les experts avaient accès aux antécédents de la patiente lors de l’interprétation des images radiographiques, alors que l’IA n’avait accès qu’à la dernière mammographie.

L’intelligence artificielle a ainsi réduit la proportion de cas où un cancer a été détecté à tort, de 5,7 % sur les images américaines étudiées et de 1,2 % sur les Britanniques. L’algorithme a également baissé le pourcentage de diagnostics manqués de 9,4 % parmi les images américaines et 2,7 % parmi celles provenant de Grande-Bretagne.

L’IA pourrait faire office de « deuxième avis »

Aux Etats-Unis, une seule lecture des images de dépistage est généralement effectuée, tandis qu’au Royaume-Uni, les mammographies proposées aux femmes entre 50 et 71 ans sont examinées par deux radiologues. C’est le cas aussi dans le cadre du dépistage proposé en France aux femmes de 50 à 74 ans.

L’équipe de Google Health a aussi mené des expériences comparant la décision de l’ordinateur avec celle du radiologue premier lecteur. Si les deux diagnostics concordaient, le cas était marqué comme résolu. Ce n’est qu’en cas de résultats discordants que l’on demandait ensuite à l’appareil de comparer avec la décision du deuxième lecteur. L’étude montre ainsi que l’utilisation de l’IA pour vérifier le diagnostic du premier lecteur humain pouvait permettre d’économiser jusqu’à 88 % de la charge de travail du second radiologue. La technologie pourrait donc un jour servir de « deuxième avis » pour les diagnostics de cancer.