Marseille: Une pétition réclame la fin des barquettes en plastique dans les cantines, « une question sanitaire »

SANTE Une pétition en ligne demande la fin des barquettes en plastique, dans les cantines de Marseille, qui exposeraient les enfants aux perturbateurs endocriniens

Mathilde Ceilles

— 

Dans une cantine scolaire à Marseille.
Dans une cantine scolaire à Marseille. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Une pétition en ligne s’inquiète de l’utilisation des barquettes en plastique pour réchauffer les repas servis dans les cantines marseillaises.
  • Une fois réchauffées, les barquettes en plastique peuvent, selon les parents, exposer les enfants aux perturbateurs endocriniens.
  • L’élue en charge de la question à la mairie de Marseille réfute tout risque et indique que ces barquettes seront remplacées en 2021, conformément à la loi.

Les chiffres sont colossaux. Selon la mairie de Marseille, six millions de repas sont servis chaque année à des milliers de petits écoliers inscrits chaque jour à la cantine. Des repas ​cuisinés à l’avance par Sodexo, l’un des leaders mondiaux du secteur, puis livrés et réchauffés… dans une barquette en plastique qui n’est pas du goût de tous.

« Les 52.000 enfants nourris quotidiennement par la Sodexo à Marseille mangent de la nourriture réchauffée dans des barquettes composées de plastique et d’additifs, indique une pétition en ligne lancée par des parents d’élèves contre ces barquettes. La directrice des achats de la Sodexo  déclare devant l’Assemblée nationale le 20 juin 2018 que "des perturbateurs endocriniens (sont) présents dans les barquettes en plastique". »

« Personne ne peut dire qu’il n’y a aucun danger »

Or, comme le rappelle la pétition adressée au maire LR de Marseille Jean-Claude Gaudin, une étude de l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a démontré que, « même à froid, le risque de contamination du contenu alimentaire par le contenant plastique existe et que la migration s’accroît lors du réchauffement du contenant ».

« Nous, en tant que parents, on trouve cela grave, s’indigne Séverine Gil, présidente du mouvement des parents d’élèves MPE13. C’est une question sanitaire. Aujourd’hui, personne ne peut dire qu’il n’y a aucun danger. » Et de s’inquiéter : « Même si c’est une infime partie, avec les perturbateurs endocriniens, c’est la répétition qui est nocive. On demande juste que le plastique soit bien retiré, comme cela a été fait dans d’autres villes. Ce n’est pas impossible. Est-ce que vous continueriez à donner quelque chose de nocif à votre enfant sous prétexte que c’est compliqué de changer les habitudes ? »

« Un problème d’approvisionnement »

Plusieurs grandes villes de France ont en effet changé leur pratique, à l’instar de Nice, qui a banni purement et simplement le plastique de sa cuisine centrale, ou de Toulouse et Montpellier, qui ont toutes deux opté pour des barquettes en cellulose.

« La délégation de service public débutée en septembre 2019 a prévu de réduire le plastique dans ses restaurants, indique la ville de Marseille. La municipalité a largement anticipé la loi en la matière. Concernant les barquettes en plastique, le délégataire de la ville a obligation de les remplacer mais il est confronté à un problème d’approvisionnement. »

« Il y a plastique et plastique »

« L’entreprise en charge de la fabrication des barquettes doit nous en fournir des millions, précise Danièle Casanova, adjointe LR en charge des écoles. Si on compte trois barquettes par repas, ça fait 18 millions de barquettes. On ne peut pas tout faire tout d’un coup, ce n’est pas possible ! Elle ne peut pas en fabriquer aussi vite que ce que l’on voudrait. »

Et d’affirmer : « Ces barquettes sont sans danger pour les enfants. Il y a plastique et plastique. Ces barquettes-là ne sont pas nocives. Et la loi permet leur utilisation ! Toutes les barquettes seront livrées pour la rentrée 2021, pour que l’on se conforme à la loi. » La loi Alimentation contraint en effet les collectivités à bannir les barquettes en plastique d’ici à 2022.