Parasitoses à Grasse : La préfecture prend un arrêté « réglementant la consommation de l’eau du robinet »

CONTAMINATION Le texte est en vigueur dans onze communes du département des Alpes-Maritimes, touchées par des cas de cryptosporidiose

Fabien Binacchi

— 

Une carafe utilisée pour filtrer l'eau du robinet (illustration)
Une carafe utilisée pour filtrer l'eau du robinet (illustration) — JAUBERT/SIPA
  • Une épidémie de cryptosporidiose touche l’ouest des Alpes-Maritimes depuis la mi-novembre, avec 149 cas confirmés ce mercredi.
  • Pour protéger les Azuréens de cette infection intestinale due à un parasite, la préfecture vient de prendre un arrêté « réglementant la consommation de l’eau du robinet ».
  • Le parasite a été identifié dans certains réservoirs et canalisations et un plan de purge a été lancé par les gestionnaires de l’eau sur les communes concernées.

Depuis le début de l’épidémie de cryptosporidiose qui touche la région de Grasse, 149 personnes atteintes ont été signalisées par des laboratoires de biologie médicale dans les Alpes-Maritimes. Et même si « le nombre de nouveaux cas diminue du fait du respect des recommandations d’usage de l’eau », indique l’Agence régionale de santé ce mercredi, la source de cette infection due à un parasite n’est toujours pas endiguée.

La préfecture des Alpes-Maritimes a donc décidé de prendre un arrêté « réglementant la consommation de l’eau du robinet » dans onze communes du département (Grasse, Bar-sur-Loup, Châteauneuf-de-Grasse, Gourdon, Mouans-Sartoux, Mougins, Roquefort-les-Pins, Le Rouret, Tourrette-sur-Loup, Valbonne et Villeneuve-Loubet), a-t-elle annoncé.

Eau interdite « sans ébullition préalable »

Le texte y « interdit d’utiliser l’eau délivrée par les réseaux présentant un risque de contamination par le parasite du genre cryptosporidium sans ébullition préalable de deux minutes pour la consommation humaine et pour l’hygiène bucco-dentaire ». Les services de l’Etat recommandent également « de n’utiliser que de l’eau en bouteille pour la préparation des biberons et l’alimentation des personnes immunodéprimées ».

Généralement bénigne et parfois asymptomatique, la cryptosporidiose touche le tube digestif et cause généralement des diarrhées, avec parfois des vomissements, de fortes douleurs abdominales, de la fatigue et une légère fièvre, indique l’ARS.

Le parasite « dans certains réservoirs et canalisations »

L’alerte avait été donnée mi-novembre après des témoignages de personnes malades postées sur les réseaux sociaux. Depuis, « plusieurs analyses d’eau ont confirmé la présence de cryptosporidium dans certains réservoirs et canalisations », indique l’ARS.

Un plan de purge établi par les gestionnaires de l’eau sur les communes concernées a démarré. À Grasse, « les équipes régionales de SUEZ avec un important renfort national sont fortement mobilisées sur le terrain chaque jour pour respecter la programmation et achever le nettoyage des réseaux le 20 décembre », indique la municipalité.