Sœurs siamoises séparées à Lyon : « Hors de danger », Bissie et Eyenga pourront bientôt rejoindre le Cameroun

BELLE HISTOIRE Bissie, l’une des deux ex-siamoises opérées à Lyon le 13 novembre, a subi une nouvelle intervention récemment pour soigner une malformation cardiaque. La fillette est désormais hors de danger

Elisa Frisullo

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Bissie et Eyenga, soeurs siamoises, ont été séparées à Lyon en novembre 2019
Bissie et Eyenga, soeurs siamoises, ont été séparées à Lyon en novembre 2019 — P. Breysse / HCL
  • Après l’intervention de séparation des deux siamoises à Lyon, Bissie a été opérée avec succès la semaine dernière d’une malformation cardiaque.
  • Les jumelles sont désormais « hors de danger » et pourront rejoindre le Cameroun début 2020, une fois la plus fragile des enfants remise sur pied.

Quelques jours après la séparation des deux petites siamoises, le professeur Pierre-Yves Mure, chirurgien coordinateur de l’opération, avait émis le souhait que la petite Bissie « rentre au Cameroun, guérie, avec sa sœur et sa maman, avant la fin de l’année ». Un vœu qui sera en partie exaucé. Si leur retour dans leur pays d’origine n’est pas encore d’actualité, Bissie et Eyenga, les deux fillettes de 1 an reliées par le foie depuis la naissance, sont désormais « hors de danger » selon les médecins lyonnais qui les ont séparées le 13 novembre dernier. Une issue favorable qui n’était pourtant pas si évidente.

A leur arrivée à Lyon, une malformation du cœur avait été diagnostiquée chez Bissie, la plus petite et fragile des jumelles. Opérée mercredi dernier, la fillette doit quitter ce mardi la réanimation pour être placée sous surveillance pendant quelques jours en cardiologie. « L’opération s’est passée comme sur des roulettes », s’enthousiasme, soulagé, Olivier Metton, le chirurgien cardiaque pédiatrique qui a participé à l’intervention réalisée sur l’enfant.

Une intervention compliquée

« Ce genre de cardiopathie congénitale s’opère en général aux quatre mois du bébé. Lorsqu’on intervient sur des enfants plus âgés, c’est plus risqué. Et puis, son cœur ne marchait pas très bien, elle avait attrapé une infection respiratoire avant la séparation et nous n’avions pas d’expériences avec des siamoises, nous ne savions pas comment elle allait réagir. Tout cela fait que nous avions un peu peur, que nous étions un peu sombres avant cette intervention », ajoute le spécialiste.

Après une période d’observation à l’hôpital cardio, la fillette, encore dénutrie, sera ensuite suivie à l’hôpital Femme Mère Enfant pour être requinquée. Avec, à ses côtés, sa maman et sa sœur Eyenga, qui n’est plus hospitalisée depuis près de trois semaines mais reste à l’hôpital auprès de sa jumelle. Elles rejoindront ensuite une famille d’accueil de la région lyonnaise, mobilisée via l’association La Chaîne de l’Espoir, sans laquelle ces lourdes interventions n’auraient pu être possibles.

Un retour au Cameroun en début d’année

« On peut dire que les petites sont hors de danger. Bissie, grâce à son opération, va pouvoir vivre sur le plan cardiologique comme tous les autres enfants », ajoute Olivier Metton. La petite famille camerounaise passera Noël à Lyon mais devrait pouvoir regagner le Cameroun dès début 2020. « Nous allons nous assurer qu’elles puissent être suivies là-bas dans de bonnes conditions. Nous avons des médecins relais au Cameroun via la Chaîne de l’espoir qui pourront notamment suivre Bissie sur le plan cardio », ajoute le chirurgien pédiatrique.

La croissance des ex-siamoises devra également être scrupuleusement suivie, Bissie et Eyenga présentant à ce jour des déformations. « Sur le plan orthopédique et au niveau de la colonne et du sternum notamment. Elles étaient reliées par le foie, leurs corps étaient tordus. Mais il est tout à fait possible que cela rentre dans l’ordre en grandissant », souligne Olivier Metton, qui n’imaginait sans doute pas achever cette année en participant à l’écriture de ce joli conte de Noël.