Implants contraceptifs : L’ANSM veut prévenir les risques de passage dans les poumons

CONTRACEPTION Depuis 2001, 30 femmes ont vu leur implant Nexplanon migrer dans l’artère pulmonaire

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un implant contraceptif dans au niveau du bras (photo d'illustration).
Illustration d'un implant contraceptif dans au niveau du bras (photo d'illustration). — AP/SIPA

L’Agence du médicament annonce un renforcement des mesures pour réduire le risque de passage dans la circulation sanguine et dans les vaisseaux pulmonaires de l’implant contraceptif Nexplanon. Chaque année en France, environ 200.000 femmes y ont recours.

L’agence sanitaire « appelle à nouveau les professionnels de santé à la vigilance sur le risque de lésions neuro-vasculaires » à l’endroit d’insertion, sous la peau, de l’implant (pouvant se manifester par des fourmillements ou des troubles de la sensibilité dans la main) ainsi que du risque « de migration de l’implant contraceptif Nexplanon dans les vaisseaux sanguins et dans le thorax », qui peuvent dans certains cas nécessiter une intervention chirurgicale lourde. À ce jour, 30 cas de migration d’implants Nexplanon dans l’artère pulmonaire ont été signalés à l’ANSM depuis mai 2001.

S’assurer que l’implant est toujours là

Le renforcement des mesures, approuvé au niveau européen, vise notamment l’information des professionnels de santé sur la procédure d’insertion et de retrait de l’implant et des femmes déjà porteuses, ou de celles pour lesquelles la pose est envisagée. Bientôt, « les femmes se verront remettre au moment de la pose de l’implant, une carte patiente complémentaire à la notice, les invitant à vérifier une à deux fois par mois la présence de l’implant et à contacter rapidement leur médecin ou leur sage-femme si elles ne le repèrent plus au toucher », indique ce vendredi l’Agence du médicament et des produits de santé (ANSM).

D’ici là, l’ANSM « invite toutes les femmes porteuses d’un implant contraceptif Nexplanon à s’assurer par une palpation délicate qu’il est bien en place. Dans le cas contraire une consultation médicale doit être programmée ». L’implant contraceptif Nexplanon se présente sous la forme d’un petit bâtonnet, de 4 cm de long et 2 mm de diamètre ; inséré juste sous la peau vers l’intérieur du bras. Il délivre en continu une hormone, l’étonogestrel. Cet implant des laboratoires MSD est le seul implant contraceptif commercialisé en France. D’après Santé publique France, il est particulièrement utilisé par les femmes de 20 à 24 ans.

Formation des professionnels

Une lettre devrait être adressée aux professionnels pour rappeler l’existence d’un risque de lésions au niveau de l’insertion de l’implant et « de migration de l’implant notamment dans l’artère pulmonaire, potentiellement liés à une insertion profonde ou incorrecte de Nexplanon ». L’ANSM « recommande vivement aux professionnels de santé de se former, 'en présentiel' à la pose de ces implants ».

Elle souhaite privilégier la formation pratique avec des médecins expérimentés mis en place par MSD France, par rapport à la formation virtuelle en ligne. Cette alerte fait suite à une première lettre d’information diffusée en 2016 aux professionnels de santé (médecins généralistes, sages-femmes et gynécologues), mais il est apparu depuis que « ce risque restait peu connu des professionnels et des femmes ».