Nice: Ce petit robot à la forme de spermatozoïde aidera la médecine de demain

ROBOT La mathématicienne de Sophia Antipolis, Laetitia Giraldi, a été récompensée pour ses recherches

Mathilde Frénois

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Laetitia Giraldi planche sur des robots qui prennent la forme d'un spermatozoïde.
Laetitia Giraldi planche sur des robots qui prennent la forme d'un spermatozoïde. — J. Lagier / SATT Paca Corse SAS
  • Des laboratoires niçois, parisiens et strasbourgeois, des chercheurs planchent sur des robots qui épousent la forme d’un spermatozoïde et d’une bactérie.
  • Une chercheuse azuréenne étudie le déplacement du robot.

Il existait déjà le robot qui ressemble comme deux gouttes d’eau à un chien. Et celui qui a tous les traits d’un humain. Désormais, dans des laboratoires niçois, parisiens et strasbourgeois, des chercheurs planchent sur des robots qui épousent la forme d’un spermatozoïde et d’une bactérie. La mathématicienne de l’Inria Sophia Antipolis Laetitia Giraldi vient d’être récompensée pour ses travaux par le concours My Innovation Is, de SATT Sud-Est.

« Le robot a une tête et une queue. Grâce à un aimant à l’extérieur, sa tête bouge et propage une onde dans la queue qui bat. C’est ce qui permet au robot d’avancer, explique Laetitia Giraldi. Il y a plein de problématiques pour développer ce genre de robots : le construire, le contrôler, le faire bouger. » C’est justement sur ce déplacement que portent les recherches de l’Azuréenne.

Eviter la chirurgie

« Je fais des mathématiques appliquées pour mieux comprendre l’interaction entre le fluide et le robot, et ainsi pour contrôler ses trajectoires, détaille-t-elle. Pour des simulations précises, il faut résoudre des équations difficiles. » Car ces éléments microscopiques pourront se glisser dans l’estomac ou les artères : « Le premier champ d’application, c’est le développement de méthodes de soins non invasives, dit la chargée de recherches. Ces robots permettraient par exemple d’éviter les fibroscopies et les chirurgies. Et d’apporter des médicaments de manière ciblée. »

Pour le moment, des tests sont menés sur des prototypes dans des tubes à essais. Viendra ensuite le temps des souris et des humains. « Ce qui m’occupera dans les années à venir, c’est la commande de ce robot lorsqu’il est en présence d’obstacles et entre de fines parois comme les artères, avance Laetitia Giraldi. L’un des buts ultimes, dans les cinq ans à venir, c’est d’être à l’origine de tests in vivo. » Et de voir ces robots jouer un rôle dans l’univers médical.