« Vie suspendue » : Un patient placé en état de mort clinique pendant deux heures pour une opération

RISQUE La procédure permet de prendre en charge des patients grièvement blessés que les traitements pourraient tuer s’ils étaient opérés « vivants »

20 Minutes avec agence
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Illustration d'une opération chirurgicale.
Illustration d'une opération chirurgicale. — M. Libert / 20 Minutes

Un patient a été placé pour la première fois en état de « vie suspendue » et opéré à l’école de médecine de l’université du Maryland (Etats-Unis). Le sujet de cette expérience est resté deux heures dans cet état de préservation s’apparentant à une mort clinique, rapporte le New Scientist.

La procédure est utilisée pour permettre certaines opérations ou traitements qui tueraient le malade s’il était « vivant ». Au moins une personne a fait l’objet de cette intervention, baptisée « Emergency Preservation and Resuscitation » (EPR), selon Samuel Tisherman, un chercheur ayant participé à l’étude.

Une expérience extrêmement risquée

Le protocole des essais prévoit la prise en charge de dix patients placés en « vie suspendue » et de dix autres traités de manière traditionnelle à des fins de comparaison. L’expérience a été autorisée par les autorités sanitaires américaines, qui ont dispensé les chercheurs de l’obligation de consentement des malades.

L’EPR consiste à refroidir le corps du patient jusqu’à 10 à 15 °C (hypothermie profonde), précise Futura Sciences. Une solution saline est injectée dans l’organisme afin de remplacer le sang, qui cesse de circuler pendant que l’activité cérébrale du sujet s’arrête. Le patient doit impérativement être sorti de cette «  mort » dans les deux heures. Face aux risques que présente l’EPR, la technique est réservée aux cas les plus graves.