Près d’un médecin généraliste sur deux refuse de nouveaux patients, selon l’UFC-Que Choisir

DESERT MEDICAL C’est dans les villes moyennes que le phénomène est le plus préoccupant

20 Minutes avec agence

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Illustration: Une consultation chez un médecin généraliste.
Illustration: Une consultation chez un médecin généraliste. — S.ORTOLA/ 20 Minutes

La situation est inquiétante. Alors que les députés doivent bientôt plancher sur la question des déserts médicaux, l’UFC-Que Choisir publie ce jeudi  une enquête selon laquelle près d’un généraliste sur deux refuse de nouveaux patients. 

L’association a sollicité de manière anonyme 2.770 généralistes dans toute la France. Les résultats témoignent de la difficulté croissante des Français à trouver un médecin traitant.

Près de 14 % des médecins s’apprêtent à prendre leur retraite

Dans le détail, 44 % des praticiens interrogés ont déclaré ne plus pouvoir accepter de nouveau patient. Environ 9 % d’entre eux ont indiqué qu’ils souhaitaient d’abord rencontrer le patient avant de se décider. La grande majorité des professionnels de santé (71 %) expliquent ces refus par le fait qu’ils ont déjà « trop de patients » à leur charge. La tendance devrait se confirmer dans les années à venir puisque 14 % des médecins indiquent qu’ils vont prochainement prendre leur retraite.

Comme le souligne l'UFC-Que Choisir, la situation est « d’autant plus préoccupante » que l’intégralité du système de santé français s’organise autour du médecin traitant, appelé à « gérer l’orientation des usagers dans le parcours de soin ».

Les habitants des villes moyennes davantage touchés

L’enquête démontre que les villes moyennes sont bien plus touchées par le phénomène que les petites communes. C’est dans les villes de 10.000 à 100.000 habitants que le taux de refus des médecins généralistes est le plus élevé (52 %). Il n’est que de 34 % dans les villes de plus de 100.000 habitants, et de 33 % dans les communes de moins de 3.000 personnes.

« Tout se passe comme si les médecins présents dans les zones rurales, sachant que les usagers sont privés d’alternative, avaient davantage de réticence à refuser des patients, pour ne pas les laisser démunis », analyse l’association.

« A l’inverse, dans les déserts médicaux des villes moyennes, la présence de confrères (…) semble déculpabiliser les praticiens, qui refusent plus largement de nouveaux patients ». Résultat : 8,6% des patients français sont sans médecin traitant.