Les troubles neurologiques liés au « gaz hilarant » de plus en plus nombreux

DANGER Depuis deux ans, l’usage du protoxyde d’azote a progressivement dérivé vers un usage récréatif… mais dangereux

R.G.-V. avec AFP

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Des cartouches de protoxide d'azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant. (illustration)
Des cartouches de protoxide d'azote, plus connu sous le nom de gaz hilarant. (illustration) — Eric Beracassat/SIPA

Ça n’a rien de drôle. Les autorités sanitaires se sont alarmées mardi d’une « augmentation des cas de troubles neurologiques graves » liés à l’usage de « gaz hilarant », une substance légale de plus en plus détournée de son usage culinaire pour être aspirée dans des ballons de baudruche. Depuis début 2019, « 25 signalements d’effets sanitaires sévères » liés à un usage récréatif de protoxyde d’azote ont été repérés, ont détaillé dans un communiqué commun la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildeca) et la Direction générale de la Santé.

Parmi eux, « 10 [cas] graves avec des séquelles pour certains » ont été recensés, dont huit rien que dans les Hauts-de-France, région la plus touchée par ce phénomène. L’inhalation de « gaz hilarant » a par exemple engendré une paraplégie (paralysie des membres) et une tétraparésie (paralysie légère qui diminue la possibilité de contraction des muscles des bras et des jambes), a précisé le ministère de la Santé. En 2018, seuls 14 cas d’effets sanitaires sévères, dont un grave, avaient été comptabilisés.

Facile accessible dans le commerce

« Il est urgent de débanaliser cet usage qui, depuis deux ans, touche de plus en plus de jeunes qui n’ont pas conscience des risques encourus », selon le président de la Mildeca, Nicolas Prisse. Facilement accessible dans le commerce, le protoxyde d’azote se vend sous forme de cartouches de siphon à chantilly. En soirée, le gaz qu’elles contiennent est déversé dans un ballon de baudruche et quelques inspirations provoquent un fou rire irrépressible.

Parmi les « risques immédiats » encourus : « asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé de la cartouche », notamment. Elles insistent également sur les risques « en cas d’utilisation régulière » ou « à forte dose » : « atteinte de la moelle épinière, carence en vitamine B12, anémie, troubles psychiques ». Ces risques augmentent lorsque le « gaz hilarant » est consommé avec de l’alcool ou d’autres drogues.

Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement envisage de limiter les volumes de vente ou de classer les cartouches de protoxyde d’azote comme « produit dangereux ».