Rennes : « L’hôpital craque de partout », le personnel du CHU est à bout

SOCIAL Les personnels médicaux et non médicaux se sont rassemblés ce jeudi après-midi pour réclamer des moyens supplémentaires

Jérôme Gicquel

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Le personnel du CHU de Rennes a débrayé pendant une heure ce jeudi après-midi devant le hall d'accueil de l'hôpital.
Le personnel du CHU de Rennes a débrayé pendant une heure ce jeudi après-midi devant le hall d'accueil de l'hôpital. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • Comme partout en France, le personnel du CHU de Rennes s’est mobilisé ce jeudi pour défendre l’hôpital public.
  • Dans chaque service, le manque de moyens et d’effectifs se fait sentir, au détriment des patients.
  • Le personnel de sécurité dénonce aussi des agressions qui se multiplient à l’hôpital.

Ils ont débrayé par centaines pendant une heure, tous rassemblés devant le hall d’accueil du CHU de Rennes. Infirmières, médecins, brancardiers, internes ou agents de sécurité. Tous sont venus ce jeudi après-midi défendre l’hôpital public et réclamer plus de moyens à la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Dans la capitale bretonne, la mobilisation a été assez suivie avec, selon les chiffres de la direction, 27 % du personnel médical en grève et 9,6 % du personnel non médical. « C’est un bon début avant la grande journée de grève interprofessionnelle du 5 décembre », se réjouit un syndicaliste.

Dans le rassemblement, certains sont encore novices comme le docteur Gwenaëlle Sost, médecin au service gériatrie du CHU. « C’est la première fois que je fais grève, signe que l’hôpital va vraiment mal », sourit-elle. Avec ses collègues, elle est venue témoigner des conditions de travail qui se dégradent, au détriment de la qualité des soins. « C’est tout le fonctionnement du système hospitalier qu’il faut repenser. Car avec ce manque de moyens criant, on ne sera bientôt plus en capacité de soigner correctement les gens », s’inquiète-t-elle.

« On a dû examiner un patient dans un couloir »

A ses côtés, Paul, étudiant en 4e année de médecine. « Au début du mois, j’étais de garde aux urgences, raconte-t-il. Un patient a fait un malaise et on a dû l’examiner dans le couloir car il n’y avait pas de place ». « De toute façon, ça craque de partout ici ! », embraye Liliane, infirmière.

Chaque service a en effet son lot d’anecdotes pour illustrer le manque de moyens. « Il y a des patients qui attendent pendant plusieurs heures qu’on vienne les chercher », assure Thierry, brancardier. Son collègue Philippe déplore quant à lui l’état des couloirs qui sont parfois « inondés avec des trous dans le sol ».

Des agressions qui se multiplient à l’hôpital

En grève depuis plus de deux mois, les agents de sécurité se sont également joints au mouvement. Solidaires de leurs collègues, ils dénoncent une recrudescence des agressions à l’hôpital. « On en est déjà à neuf blessés dans le service depuis le début de l’année », déplore Didier, l’un des chefs d’équipe.

A peine remis sur pied après un arrêt de travail de six mois, Pierre a été victime de la violence d’un patient. « Il est arrivé aux urgences complètement drogué et il a mis sept agents par terre. Je suis tombé sur la tête et j’ai eu un traumatisme crânien et des cervicales en l’air », raconte l’agent de sécurité. « Les gens ne respectent même plus l’uniforme, comme avec les pompiers ou les policiers », indique Didier.

Avec ses collègues, il réclame une meilleure formation pour maîtriser les individus violents ainsi qu’une prime de risque, comme tout personnel travaillant aux urgences. Certains d’entre eux vont même jusqu’à demander une matraque télescopique ou une bombe lacrymogène. « On s’en servirait bien sûr seulement en cas d’extrême urgence. Mais pour l’instant, on a seulement un trousseau de clés pour se défendre », souligne Patrice, dans la maison depuis trente ans.