Ebola : L'OMS « préqualifie » pour la première fois un vaccin, « une étape cruciale »

EPIDEMIE Cette étape va permettre d’accélérer l’homologation du vaccin et son déploiement dans les pays les plus exposés à Ebola

20 Minutes avec agences

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Un enfant se faisant vacciner en RDC contre le virus Ebola, le 13 juillet 2019.
Un enfant se faisant vacciner en RDC contre le virus Ebola, le 13 juillet 2019. — Jerome Delay/AP/SIPA

Il était jusqu’à présent utilisé en République Démocratique du Congo (RDC) selon un usage dit « compassionnel ». Ce mardi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a « préqualifié » pour la première fois le vaccin contre Ebola, ouvrant ainsi « la voie à son utilisation dans les pays à haut risque ».

Il s’agit d'« une étape cruciale qui permettra d’accélérer son homologation, son accès et son déploiement dans les pays les plus exposés aux épidémies d’Ebola », a indiqué l’OMS. Ce processus de préqualification vaccinale est le plus rapide jamais mené par l’organisation.

« Ebola est maintenant évitable et traitable »

L’annonce intervient après la décision prise la veille par la Commission européenne d’autoriser la mise sur le marché de ce vaccin fabriqué par le laboratoire américain Merck Sharpe and Dohme (MSD), sous le nom commercial d’Ervebo. Le 18 octobre, l’Agence européenne du médicament (EMA) avait déjà accordé son feu vert.

La préqualification de l’OMS signifie que le vaccin répond aux normes de l’agence « en matière de qualité, de sécurité et d’efficacité ». Désormais, les différentes agences de l’ONU et l’Alliance pour la vaccination Gavi, peuvent se procurer le vaccin « pour les pays à risque ». « Il y a cinq ans, nous n’avions ni vaccin ni traitements thérapeutiques contre Ebola. Grâce à un vaccin préqualifié et à des traitements expérimentaux, Ebola est maintenant évitable et traitable », a déclaré le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Un usage jusque-là « compassionnel »

Depuis le début de l’épidémie en RDC en août 2018, plus de 236.000 personnes ont été vaccinées avec le premier vaccin, dont 60.000 professionnels de santé, selon l’OMS. Le produit a été administré selon une procédure dite d'« usage compassionnel », permettant d’utiliser un traitement en urgence avant son autorisation de mise sur le marché. Un deuxième vaccin, encore expérimental et développé par Johnson & Johnson (administré en deux doses à 56 jours d’intervalle), doit être introduit à la mi-novembre dans les zones où le virus est absent.

L’actuelle épidémie d’Ebola, qui a fait quelque 2.190 morts, est la dixième sur le sol congolais depuis 1976. Entre 2014 et 2016, Ebola avait fait 11.000 morts en Afrique de l’Ouest.