Grève aux urgences : Avant la manifestation nationale, des urgentistes publient une tribune pour l’hôpital public

INTERPELLATION Parmi les 13 urgentistes qui signent cette tribune, on trouve Patrick Pelloux

20 Minutes avec AFP

— 

Lors d'une manifestation pour la sauvegarde de l'hôpital public, fin septembre.
Lors d'une manifestation pour la sauvegarde de l'hôpital public, fin septembre. — Louise MERESSE/SIPA

« Mesdames et messieurs nos concitoyens, laisserez-vous mourir l’hôpital public sans avoir tenté quelque chose ? ». Dans une tribune publiée dans Le Journal du dimanche, 13 médecins urgentistes interpellent citoyens et pouvoirs publics quatre jours avant la manifestation nationale pour un « plan d’urgence pour l’hôpital public ».

« On en vient à se poser la question suivante : est-ce que l’épuisement du système n’a pas été programmé ? Est-ce que tout n’a pas été fait pour que s’effondre l’hôpital public au profit de l’économie ? Le but n’est-il pas de détruire la Sécurité sociale et le service public hospitalier ? », interrogent ces médecins, dont l’urgentiste Patrick Pelloux, tous membres de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

« Le démantèlement est en cours d’achèvement »

Retraçant les dérives des années 1980 et 1990 dans la « surconsommation des soins », puis l’arrivée dans les années 2000 de « l’hôpital entreprise », avec l’emblématique système de la tarification à l’acte, les auteurs de ce texte résument la situation actuelle : « notre mission de service public est de tout faire tout le temps, mais le gouvernement ne nous en donne pas les moyens ».

Estimant que « le démantèlement est en cours d’achèvement », ils assurent qu'« en épuisant les soignants, on les a fait fuir : spirale sociale infernale ». « Non seulement l’hôpital public est déficitaire, mais il deviendra inefficace, puisque incapable de remplir sa mission de continuité des soins pour tous ». Ils rappellent en conclusion les revendications de la mobilisation du 14 novembre : « l’ouverture de lits », l’augmentation du budget de l’hôpital, des effectifs et des salaires, ainsi que « l’arrêt de la facturation à l’acte ».