Espérance de vie, accès aux soins, prévention… Le système de santé français est-il un bon élève de l’OCDE ?

BULLETIN A l’occasion de la publication ce jeudi du Panorama de la santé 2019 par l’OCDE, 20 Minutes dresse le bulletin de classe de la France en la matière

Oihana Gabriel

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Illustration du monde sous forme de pilules.
Illustration du monde sous forme de pilules. — Pixabay
  • Où se situe la France par rapport aux autres pays de l’OCDE sur les questions de santé ? Le Panorama de la santé 2019, publié ce jeudi par l’OCDE, offre quelques réponses.
  • Parmi les points positifs mis en lumière par ce « conseil de classe » mondial, les Français bénéficient d’une espérance de vie élevée et d’un accès aux soins de qualité.
  • Mais dans d’autres matières, notamment la prévention et la pertinence des soins, les efforts français sont encore largement insuffisants.

Bonnet d’âne ou major de promo ? Tous les deux ans, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publie un Panorama de la santé*, regroupant les données les plus récentes sur 36 pays, dont la France, touchant à l’état sanitaire des populations, aux dépenses, à l’accès, à la pertinence des soins… Pour ce bilan 2019, 20 Minutes dresse le bulletin scolaire de l’élève France dans la classe OCDE.

Admis haut la main pour l’accès aux soins

La France continue de briller dans cette majeure, se situant au-dessus de la moyenne dans divers domaines. Une note en particulier mérite des encouragements : 89 % des adultes français ont accès à un médecin de ville quand cela est nécessaire, alors que la moyenne tourne autour de 79 % dans l’OCDE. Concernant l’aspect financier, la Sécurité sociale et les assurances obligatoires couvrent 83 % des dépenses. Encore une fois, c’est plus que la moyenne (73 %) de la classe. Quant au reste à charge (2 % des dépenses de santé pèsent sur le portefeuille des patients), la France obtient la troisième place du peloton de tête.

Conséquence : une « espérance de vie » élevée, autour de 82,6 ans, supérieure à la moyenne de l’OCDE, à 80,7 ans. On remarque cependant un essoufflement : la progression de l’espérance de vie ralentit depuis 2011. Ce bilan positif ne doit pas cacher quelques faiblesses : une inégalité hommes/femme toujours très prononcée, toujours pour l’espérance de vie (85,6 ans pour les femmes contre 79,6 ans pour les hommes). Mais également des inégalités géographiques, avec une offre médicale assez mal répartie sur le territoire : 3,9 médecins pour 1.000 habitants en ville, contre 2,7 en zones rurales.

Des difficultés sur la pertinence des soins

Un bilan contrasté. Pour cette matière, la France présente de bonnes performances sur la qualité des soins, mais nettement moindres concernant leur pertinence. Illustration : elle obtient la 6e place pour le taux de décès dans les 30 jours après une crise cardiaque. De même, elle figure dans la première moitié de la classe sur l’efficacité des soins, avec un taux de survie de 87 % cinq ans après un cancer du sein.

Mais l’élève pêche sur la partie efficience. Avec notamment une trop grande prescription d’antibiotiques, mais aussi des hospitalisations évitables pour des patients souffrant de diabète plus nombreuses que chez ses camarades. Un challenge qui n'a pas échappé à Agnès Buzyn.

Bonnet d’âne sur les facteurs de risque

Peut mieux faire. Clairement, la France devrait porter une attention démultipliée à la prévention. Sur le tabac, elle fait figure de mauvaise élève, avec le 4e taux le plus important de fumeurs : 25 % de la population est touchée. Même bonnet d’âne sur le facteur de risque alcool. Avec 11,7 litres d’alcool consommés en moyenne par an et par habitant, contre 10 en moyenne dans l’OCDE, elle obtient l’avant-dernière note. Pour rappel, ces deux addictions provoquent plus de 75.000 décès prématurés par an. Mais l’élève semble s’être ressaisi, sur la cigarette du moins, en promouvant le  Mois sans tabac, le paquet neutre et  une hausse du prix du tabac. Plus largement, on sent un intérêt récent pour la prévention, via des campagnes sur les facteurs évitables des cancers, la mise en place du service sanitaire , des accès facilités à la vaccination contre la grippe. Des efforts dont il est difficile de voir les fruits aujourd’hui, étant donné que ces données s’arrêtent à 2017.

Pour finir sur une note plus positive, la France se situe au-dessus de la moyenne sur deux autres facteurs de risque : l’obésité et la pollution atmosphérique. En effet, 25 décès pour 100.000 habitants sont dus à la pollution. C’est bien moins que l’Allemagne, qui affiche 45,3 décès pour 100.000 habitants.

* L’OCDE publie tous les deux ans ce Panorama de la santé, qui présente des comparaisons entre les pays membres de l’OCDE et partenaires. Cette édition présente les données les plus récentes (au plus tard de 2017), basées sur 80 indicateurs en santé.