Cancer : Des chercheurs rennais tentent de briser le bouclier du très agressif cancer de la peau

RECHERCHE La fondation L’Arc a remis un chèque de plus de 400.000 euros à un laboratoire de recherche rennais

Camille Allain

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La chercheuse en génétique rennaise Marie-Dominique Galibert mène des travaux sur le mélanome, aussi appelé cancer de la peau. Ici avec son équipe de l'institut de génétique et de développement.
La chercheuse en génétique rennaise Marie-Dominique Galibert mène des travaux sur le mélanome, aussi appelé cancer de la peau. Ici avec son équipe de l'institut de génétique et de développement. — C. Allain / 20 Minutes
  • Une équipe de chercheurs de l’Institut de génétique et développement de Rennes travaille sur le traitement du mélanome.
  • Dirigée par le professeur Galibert, elle vient de recevoir une subvention de 410.000 euros remise par la fondation Arc.
  • Les scientifiques tentent de comprendre le mécanisme de défense de la tumeur face aux traitements.

Méconnu, il n’est pas le cancer le plus craint de la population. Pourtant, le mélanome continue de faire des victimes et 7.000 nouveaux cas de ce cancer de la peau sont décelés chaque année en France. « Le constat est le même au niveau mondial alors que les campagnes de prévention se multiplient. Notre communication n’est sans doute pas bonne », estime le professeur Marie-Dominique Galibert.

Cette chercheuse de l’Institut de génétique et développement de Rennes sait de quoi elle parle. Depuis vingt ans et la création de son équipe, elle épie l’évolution des tumeurs cancéreuses avec l’espoir de mieux les traiter. Ses recherches entamées sur le mélanome lui ont permis de décrocher une subvention de 410.000 euros remise mardi par la fondation Arc. « Les premières thérapies ciblées contre le mélanome datent de 2010. Avant, il n’y avait rien. Les résultats sont spectaculaires mais de courte durée. On a constaté qu’il y avait des rechutes après six mois ou un an », ajoute la chercheuse.

Les tumeurs se reprogramment, évoluent

Son équipe s’est donc penchée sur le mécanisme de résistance qui anime cette tumeur cancéreuse « très agressive » et rend le traitement moins efficace. A l’image des bactéries qui s’adaptent aux antibiotiques, les tumeurs semblent ici créer un bouclier, se reprogrammer, évoluer. « Y a-t-il un lien avec le soleil ? C’est une hypothèse. Nous avons des pièces manquantes à notre puzzle. Ce projet doit nous permettre de le compléter », poursuit la chercheuse.

La Bretagne, région la plus touchée à cause du soleil

Paradoxalement, la Bretagne est la région française la plus touchée par le mélanome, notamment en raison de l’exposition des habitants au soleil. La peau claire héritée des ancêtres celtes rend la population plus fragile. D’autant plus que la relative fraîcheur du climat permet aux Bretons de s’exposer longuement et aux heures les plus chaudes de la journée. « Il faut sensibiliser les gens, notamment les familles, aux dangers du soleil », martèle chaque été la Ligue contre le cancer sur les plages bretonnes. Pris à temps, le cancer de la peau est généralement bien traité mais il peut rapidement se développer s’il n’est pas détecté.

La subvention de 410.000 euros allouée par l’Arc permettra à l’équipe de chercheurs de financer son matériel de laboratoire. La fondation consacre au total six millions d’euros pour soutenir douze projets innovants sur le territoire national. Auxquels s’ajoute le soutien à 120 jeunes chercheurs et à l’aide à l’innovation thérapeutique pour soigner les patients. « Nous sommes la première fondation de recherche sur le cancer. Et nous ne fonctionnons que grâce à nos donateurs. A travers cette subvention, on veut leur dire merci », conclut le directeur général de l’Arc François Dupré.