Crise aux urgences à Mulhouse : Les internes se mettent tous en arrêt de travail pour épuisement professionnel

HOPITAL Les 17 internes des urgences de Mulhouse sont tous en arrêt pour la semaine

Nils Wilcke

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Le centre hospitalier de Mulhouse.
Le centre hospitalier de Mulhouse. — Concept Photographie/SIPA
  • Dix-sept jeunes internes des urgences de Mulhouse sont tous en arrêt pour la semaine pour « burn-out et épuisement professionnel ».
  • Ces arrêts de travail s’inscrivent dans un contexte difficile pour le groupement hospitalier régional Mulhouse-Sud-Alsace (GHRMSA), visé par une plainte de la famille de Marie-Line Desclois, cette femme de 60 ans retrouvée morte dans son lit par un voisin dix jours après l’appel au Samu.
  • Face à cette crise, le syndicat des internes de spécialités d’Alsace a demandé à l’ARS (Agence régionale de santé) le temps de remettre en place « un service opérationnel avec des titulaires urgentistes », afin de « ne pas mettre en danger d’autres internes ».

Déjà confrontées à des démissions en cascade de médecins depuis la rentrée, les urgences de Mulhouse, dans le Haut-Rhin perdent leurs internes d’un coup. Les 17 internes du service sont en effet en arrêt de travail pour « burn-out et épuisement professionnel » pour une semaine au moins, a appris 20 Minutes, confirmant une information du quotidien régional L’Alsace.

« Ils sont au bout du rouleau et ne se sentent plus en sécurité », affirme le syndicaliste Fabrice Jaugey, de FO Santé. Ces arrêts de travail s’inscrivent dans un contexte difficile pour le groupement hospitalier régional Mulhouse-Sud-Alsace (GHRMSA), visé par une plainte de la famille de Marie-Line Desclois, cette femme de 60 ans  retrouvée morte dans son lit par un voisin dix jours après l’appel au SAMU. L’autopsie pratiquée sur le corps a confirmé que la victime était décédée des suites d’un arrêt cardiaque.

Faute de médecins expérimentés disponibles aux urgences, les internes se retrouvent en première ligne sans supervision, explique à 20 Minutes une source syndicale. « Ces étudiants en première année d’internat » sont « seuls face à des situations extrêmement compliquées », confirme  le syndicat autonome des internes des Hospices civils de Strasbourg (SAIHCS) dans un communiqué.

« Etat de détresse psychologique »

Cette situation aurait mis les internes dans un « état de détresse psychologique tel que tous ont été mis en arrêt de travail, chose rarissime jusque-là lorsque l’on connaît la résistance des internes à toutes sortes de situations difficiles inhérentes au métier et au volume de travail habituel », s’inquiète le syndicat.

Face à cette crise, le syndicat des internes de spécialités d’Alsace a alerté l’ARS (Agence régionale de santé) en demandant à ce qu’il n’y ait plus d’internes au service d’urgences de Mulhouse le temps de remettre en place « un service opérationnel avec des titulaires urgentistes », afin de « ne pas mettre en danger d’autres internes ».

Selon un autre représentant syndical sollicité par 20 Minutes, cette situation serait « inédite » aux urgences. Les membres du syndicat des internes ont prévu de rencontrer le doyen de la faculté de médecine de Strasbourg ce jeudi après-midi pour appuyer leur demande. Sollicitée par 20 Minutes, la direction du groupement hospitalier régional Mulhouse-Sud-Alsace n’était pas joignable au moment où nous publions cet article.