Pharmacie : Bientôt la fin du libre-service pour les médicaments vendus sans ordonnance ?

COMPTOIR L’Agence du médicament souhaite que patients et patientes puissent plus échanger sur ces médicaments du quotidien avec leur pharmacien ou pharmacienne

20 Minutes avec AFP

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Une enseigne de pharmacie. (illustration)
Une enseigne de pharmacie. (illustration) — GILE MICHEL/SIPA

L’aspirine, le Doliprane et l’Advil pourraient bientôt être obligatoirement rangés derrière le comptoir des pharmacies et non plus en accès libre dans les rayons : c’est ce que souhaite l’Agence du médicament (ANSM) pour limiter les risques liés à un mauvais usage de ces produits vendus sans ordonnance. Les laboratoires concernés sont en train d’être entendus mais la mesure pourrait entrer en vigueur dès janvier prochain.

Cette mesure concernerait les médicaments contenant du paracétamol (Doliprane, Efferalgan, etc.), ainsi que certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : ceux à base d’ibuprofène (comme le Nurofen ou l’Advil) et l’aspirine. Ces médicaments sont les plus utilisés en automédication comme antidouleur ou antifièvre chez les adultes et les enfants, selon l’ANSM.

Jusque-là : le choix

Jusqu’à maintenant, ils peuvent être vendus en accès direct, c’est-à-dire en se servant soi-même dans les rayons de la pharmacie. C’est toutefois laissé à la discrétion de chaque officine, qui peut choisir de les placer derrière le comptoir. « L’ANSM souhaite renforcer le rôle de conseil auprès des patients des pharmaciens », indique l’agence. Cela ne changerait rien au fait qu’ils soient disponibles sans ordonnance.

« Ce sont des médicaments très utilisés, c’est bien que les patients puissent y avoir accès, mais il faut faire le maximum pour qu’ils soient utilisés correctement », explique le Dr Philippe Vella, directeur des médicaments antalgiques à l’ANSM, en insistant sur l’importance du rôle du pharmacien ou de la pharmacienne. Car un mauvais usage comporte des risques. Pris à des doses trop élevées, le paracétamol peut provoquer de graves lésions du foie, qui peuvent nécessiter une greffe, voire être mortelles.