Montpellier : « Un cancer du sein soigné dès le départ est guéri dans plus de 90 % des cas »

SANTE « 20 Minutes » a interrogé le professeur Marc Ychou, directeur général de l’Institut du cancer de Montpellier, en pointe dans ce domaine

Propos recueillis par Nicolas Bonzom

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Le professeur Marc Ychou et la comédienne Mélanie Maudran, marraine de l'opération Octobre Rose
Le professeur Marc Ychou et la comédienne Mélanie Maudran, marraine de l'opération Octobre Rose — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le dépistage du cancer du sein est conseillé, lorsqu’il n’y a pas facteurs de risques, entre 50 et 75 ans. S’il y a des antécédents familiaux, cela peut être plus tôt.
  • Dans l’Hérault, le taux de dépistage est en baisse depuis 2016.
  • L’institut du cancer de Montpellier a acquis une technologie unique en France, qui permet de cartographier complètement des tumeurs pour mieux les analyser.

Les célèbres parapluies roses, stars d’Instagram, sont de retour un peu partout en France, dont dans le ciel de la rue de la Loge, à Montpellier. Pas de doute, revoilà Octobre rose. Tout au long du mois, associations, organismes de recherche et institutions médicales vont mettre le paquet sur la sensibilisation au cancer du sein, le plus fréquent des cancers féminins, qui touche près de 54.000 nouvelles patientes par an en France. 20 Minutes a interrogé le professeur Marc Ychou, directeur général de l’Institut du cancer de Montpellier (ICM).

Les parapluies roses d'Octobre Rose, à Montpellier
Les parapluies roses d'Octobre Rose, à Montpellier - N. Bonzom / Maxele Presse

Communiquer sur le cancer du sein, c’est essentiel ?

Oui, absolument. Car un cancer du sein, s’il est pris en charge dès le départ, est guéri dans plus de 90 % des cas. Et en plus, guéri avec moins de séquelles. Un cancer du sein que l’on laisse évoluer a, en revanche, malheureusement moins de chance de guérir. Il faut absolument traiter les patientes le plus tôt possible, et le dépistage est l’arme essentielle. Le dépistage est conseillé, lorsqu’il n’y a pas facteurs de risques particuliers, entre 50 et 75 ans. S’il y a des antécédents familiaux, cela peut se faire plus tôt. Il faut se rapprocher de son médecin traitant et de son gynécologue.

Le taux de dépistage est en baisse dans l’Hérault : 59,38 % en 2018, contre 62,01 % en 2016. Comment l’explique-t-on ?

C’est vrai que nous ne sommes pas encore à un taux suffisant, mais ces chiffres sont un peu compliqués à analyser. Un certain nombre de dépistages se font en dehors des dépistages organisés. Il faut essayer d’être tous vigilants pour que ces cas soient bien enregistrés. Mais il est certain qu’il y a des inégalités territoriales. Les populations les plus défavorisées sont souvent éloignées des messages de dépistage. Pour elles, comme pour les personnes qui résident dans des zones rurales, nous avons la chance dans l’Hérault d’avoir le Mammobile, un camion qui se déplace dans les quartiers et les villages du département pour que les femmes se fassent dépister.

La recherche contre le cancer du sein est-elle en pointe à Montpellier ?

Oui. A l’ICM, nous avons la chance d’avoir 17 équipes de chercheurs, dont beaucoup travaillent sur le cancer du sein. Il y a de très nombreux progrès, notamment dans l’immunothérapie, dans les thérapies orales, avec de nouveaux traitements ciblés. Même en cas d’évolution du cancer du sein vers une maladie avancée, le combat n’est aujourd’hui pas perdu, car il y a désormais de plus en plus d’armes thérapeutiques, issues de la recherche. Nous avons également acquis, à l’ICM, une nouvelle technologie, unique en France, le Cytof, qui permet de cartographier complètement une tumeur dans son micro-environnement. Cela va permettre, dans certains cas agressifs, de comprendre quels sont les mécanismes de progression et de résistance aux traitements, permettant ainsi de trouver peut-être de nouvelles stratégies thérapeutiques.