Hépatites B et C : Trop de malades s’ignorent encore en France, un meilleur dépistage nécessaire

MST L’OMS souhaite que d’ici 2030, 90 % des personnes atteintes d’une hépatite B ou C soient diagnostiquées

20 Minutes avec agences

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Strasbourg: La ville s'engage à devenir la première ville «zéro hépatite C» de France dans cinq ans.
Strasbourg: La ville s'engage à devenir la première ville «zéro hépatite C» de France dans cinq ans. — A. Ighirri / 20 Minutes

Le dépistage actif des hépatites B et C en France, trop de personnes « demeurent non testées et porteuses d’infections virales non diagnostiquées ». C’est l’alerte qu’a lancée ce mardi le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

En France métropolitaine, 0,3 % de la population âgée de 18 à 75 ans serait atteinte d’une hépatite B chronique et 0,3 % d’une hépatite C chronique. Cela représente « environ 135.000 individus » pour chacune des maladies, précise l’équipe de chercheurs de Santé publique France.

Renforcer le dépistage

Ces chiffres sont probablement sous-estimés. En effet, les méthodes utilisées (auto dépistage sanguin et enquête téléphonique) rendent difficile l’inclusion des populations marginalisées, usagers de drogues actifs et personnes sans domicile fixe, chez qui cette maladie est souvent plus présente.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour objectif que 90 % des personnes infectées soient diagnostiquées d’ici à 2030. « Il nous faut renforcer nos actions de dépistage […] parmi les populations les plus exposées » à l’hépatite C et « atteindre une couverture vaccinale de 95 % pour lutter contre l’hépatite virale B », estime Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, qui signe l’éditorial de ce BEH.

Des pistes d’espoir

Le virus de l’hépatite B se transmet par contact avec le sang ou lors de rapports sexuels. Il est responsable de plus de 40 % des cas de carcinome hépatocellulaire (cancer primitif du foie). On sait aujourd’hui le garder sous contrôle mais pas l’éliminer. L’hépatite C, elle, se transmet surtout par voie sanguine. Elle peut entraîner des cirrhoses et des cancers du foie et cause environ 2.500 décès par an.

La lutte contre l’hépatite C a connu une importante avancée depuis quelques années avec l’arrivée de traitements antiviraux d’action directe (AAD), qui guérissent 95 % des malades en quelques semaines. Fin 2017, 59.000 personnes avaient commencé un traitement par AAD, selon un autre article du BEH. La France a pour objectif d’atteindre 120.000 personnes traitées et guéries à l’horizon 2022.