Agnès Buzyn, la ministre de la Santé.
Agnès Buzyn, la ministre de la Santé. — B. Colin / 20 Minutes

TRAITEMENT

Essai clinique illégal dans une abbaye : La ministre Agnès Buzyn dénonce « un vrai scandale »

Un essai clinique illégal mené sur 350 malades de Parkinson et Alzheimer a été interdit jeudi par l’Agence du médicament

  • Cet essai clinique était mené en partie dans une abbaye près de Poitiers.
  • Il était réalisé par une structure intitulée fonds Josefa, dont le vice-président est le Pr Joyeux, contesté par la communauté médicale.
  • « Une enquête est en cours » pour analyser les produits administrés a précisé la ministre de la Santé.

L’essai clinique illégal sur au moins 350 malades de Parkinson et Alzheimer interdit jeudi est un «vrai scandale», s’est insurgée vendredi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

« C’est absolument inadmissible, c’est un vrai scandale, je pense qu’il y aura des poursuites pénales, le procureur est saisi », a affirmé Agnès Buzyn à la presse en marge de la présentation d’un plan gouvernemental sur la nutrition à l’agence sanitaire Santé publique France, près de Paris.

« Ces personnes ont été victimes de fausses informations »

« La priorité, c’est de connaître l’état de santé de ceux qui y ont participé, de vérifier qu’ils ont repris leur traitement, anti-parkinsonien notamment », a-t-elle poursuivi. Selon elle, il avait été demandé aux patients qui ont participé à cet essai clinique illégal de ne « pas prévenir leur médecin ».

« Ces personnes ont été victimes de fausses informations », a ajouté la ministre, en soulignant que « quand on est malade, la vulnérabilité fait qu’on est beaucoup plus sensible » aux discours promettant un « traitement miracle ». « Une enquête est en cours » pour analyser les produits administrés, a-t-elle conclu.

« Rien à voir avec un essai clinique » selon le Pr Joyeux

L’Agence du médicament ANSM a indiqué jeudi avoir interdit un « essai clinique illégal » mené sur au moins 350 malades de Parkinson ou Alzheimer ou personnes souffrant de troubles du sommeil.

Réalisé en partie dans une abbaye près de Poitiers, il était mené par une structure baptisée Fonds Josefa, dont le vice-président est le Pr Henri Joyeux, contesté par la communauté médicale notamment à cause de ses positions anti-vaccins. L’expérimentation consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules aux « effets inconnus » selon l’ANSM, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan. « Ça n’a rien à voir avec un essai clinique », a affirmé Henri Joyeux jeudi dans un bref entretien téléphonique avec l’AFP, en refusant d’en dire davantage.

Un coût de 1.000 euros par sujet

Europe 1 a publié vendredi sur son site des e-mails envoyés à partir de décembre 2017 par le Fonds Josefa à des patients qu’il souhaitait recruter pour l’expérimentation. Le Fonds Josefa expliquait à ces patients qu’ils étaient sollicités pour participer à un « essai clinique préliminaire » du fameux patch.

Le coût était évalué à « 1.000 euros par sujet inclus » dans l’essai. En arguant du fait que « certains candidats aux essais cliniques n’auront pas les moyens d’effectuer un tel don (religieux, retraités, démunis etc.) », le fonds demandait « aux personnes les plus aisées (…) de faire un don supérieur à 1.000 euros, afin de pouvoir financer convenablement cet essai ». « Il en va de la qualité du dossier d’AMM [autorisation de mise sur le marché d’un médicament] qui sera soumis aux autorités de santé », assurait le Fonds Josefa dans ces e-mails.

« Le président du Fonds Josefa, Jean-Bernard Fourtillan, a découvert une hormone qui peut être utile pour les patients. J’ai confiance dans sa découverte », a affirmé Henri Joyeux à Europe 1.