VIDEO. Poitiers : Interdiction d’un essai clinique « sauvage » mené sur des malades de Parkinson et d’Alzheimer

POLEMIQUE Cet essai avait commencé à être mené par le fonds Josefa, dont le vice-président est le Pr Henri Joyeux, contesté pour ses positions anti-vaccins

M.B. avec AFP

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L'essai clinique a été mené sur 350 patients atteints de Parkinson ou d'Alzheimer.
L'essai clinique a été mené sur 350 patients atteints de Parkinson ou d'Alzheimer. — M.Libert/20 Minutes
  • Cet essai clinique « sauvage » était mené dans une abbaye près de Poitiers.
  • Le fonds Josefa menait une expérimentation sur des malades de Parkinson ou d’Alzheimer, sur lesquels étaient appliqués des patchs contenant deux molécules.
  • Découvrir de tels essais sauvages « est très rare, a fortiori quand ils sont de cette ampleur » a commenté l’Agence du médicament.

Un essai clinique « sauvage » mené « illégalement » sur au moins 350 malades de Parkinson ou d’ Alzheimer a été interdit par l’ Agence du médicament (ANSM), a-t-elle annoncé ce jeudi sur son site.

Réalisé en partie dans une abbaye près de Poitiers, cet essai visait à tester des molécules dont « la qualité n’est pas connue », selon l’ANSM. Il était mené par une structure baptisée Fonds Josefa, dont le vice-président est le Pr Henri Joyeux, contesté par la communauté médicale notamment à cause de ses positions anti-vaccins. Outre cette décision de police sanitaire, « l’ANSM a également saisi la justice sur ces pratiques illégales », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

« Atteinte grave au code de la santé publique et au code pénal »

C’est le pôle Santé du parquet de Paris qui a été saisi, a précisé à l’AFP Bernard Celli, directeur de l’inspection à l’ANSM. Découvrir de tels essais sauvages « est très rare, a fortiori quand ils sont de cette ampleur », a expliqué Bernard Celli, selon qui il s’agit « d’une atteinte grave au code de la santé publique et au code pénal ».

L’expérimentation consistait à appliquer aux patients des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan.

Selon l’ANSM, ces molécules sont proches de la mélatonine, hormone fréquemment utilisée pour mieux dormir mais déconseillée à certaines populations par l’agence sanitaire Anses en raison d’effets secondaires.

La valentonine, supposée « protéger notre organisme »

Sur le site Internet du Fonds Josefa, son fondateur, le professeur Jean-Bernard Fourtillan, revendique la découverte de la valentonine, supposée « protéger notre organisme et assurer la régulation des vies psychique et végétative ».

« La qualité, les effets et la tolérance de ces substances ne sont pas connus » et « un risque pour la santé des participants ne peut être exclu », a répliqué l’ANSM.

Cet essai illégal découvert grâce à une inspection de contrôle

L’Agence demande aux participants à ces essais « de ne plus utiliser ces patchs » et « de consulter rapidement (leur) médecin traitant pour l’informer de la situation, réaliser un bilan de santé et s’assurer que la prise en charge de (leur) maladie est adéquate ».

Selon Bernard Celli, de nombreux patients ont été reçus dans une abbaye près de Poitiers, l’Abbaye Sainte-Croix. « Il semble qu’ils y passaient une nuit et qu’ils subissaient une prise de sang le matin », explique-t-il. L’ANSM a découvert cet essai illégal grâce à une inspection de contrôle menée début septembre au laboratoire où les prises de sang étaient envoyées pour analyse.

« Fonds de dotation à but non lucratif »

Sur son site Internet, le Fonds Josefa se présente comme « un fonds de dotation à but non lucratif », auquel « ont été cédés (…) les droits de propriété intellectuelle des brevets de médicaments » basés sur les molécules testées lors de l’essai illégal.

Il doit son nom à une religieuse catholique espagnole, sœur Josefa Menéndez, morte en 1923 à Poitiers.