Toutes les 11 secondes, une mère en couches ou un nouveau-né décèdent

STATISTIQUES « Dans le monde entier, la naissance est un événement joyeux. Toutefois, toutes les 11 secondes, une naissance devient une tragédie familiale », a commenté la cheffe de l’Unicef Henrietta Fore

20 Minutes avec AFP
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Il n'y aucune obligation d'implanter une micro-puce sur les bébés nés en Europe.
Il n'y aucune obligation d'implanter une micro-puce sur les bébés nés en Europe. — StockSnap / Pixabay

Toutes les onze secondes dans le monde, une femme en couche ou un nouveau-né meurt, selon de nouvelles statistiques de l’ONU, dévoilées ce jeudi. Un chiffre alarmant, même si ces drames sont en net recul ces dernières décennies.

« Dans les pays qui fournissent à chacun des services de santé sûrs, abordables et de haute qualité, les femmes et les bébés survivent et prospèrent », a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus, le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

En 2018, 5,3 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts

Selon un rapport publié par plusieurs agences des Nations unies, dont l’OMS et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), de réels progrès ont été fait, au niveau mondial, concernant la réduction du nombre des femmes enceintes ou des nouvelles mamans et des jeunes enfants perdant la vie chaque année. En 2018, 5,3 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts, soit deux fois moins qu’au début du XXIe, selon les chiffres de l’ONU.

Environ la moitié de ces décès surviennent pendant le premier mois de leur existence. Quelque 7.000 nouveau-nés ont ainsi perdu la vie quotidiennement l’an dernier. Dans le même temps, le nombre des femmes mourant à la suite de complications pendant la grossesse ou l’accouchement a reculé de plus d’un tiers : 295.000 en 2017 – soit 800 par jour –, contre 451.000 en 2000. Au total, 2,8 millions de femmes enceintes ou en couches et de nouveau-nés périssent chaque année. Un drame qui, dans la plupart du temps, aurait pu être évité.

Des professionnels et des médicaments pourraient « faire la différence entre la vie et la mort »

« Dans le monde entier, la naissance est un événement joyeux. Toutefois, toutes les 11 secondes, une naissance devient une tragédie familiale », a commenté la cheffe de l’Unicef Henrietta Fore. « Des mains compétentes pour aider les mères et les nouveau-nés au moment de la naissance, en même temps que de l’eau propre, une alimentation adéquate, des médicaments et des vaccins de base, peuvent faire la différence entre la vie et la mort », a-t-elle souligné.

« Nous devons tout faire pour investir dans la couverture universelle de santé pour sauver ces vies précieuses », a ajouté la responsable. Les deux rapports mettent à cet égard en exergue les très fortes inégalités persistantes sur la planète dans l’accès aux services et aux soins nécessaires à une naissance sans danger. L’Afrique subsaharienne connaît la situation la pire dans ce domaine, le taux de mortalité des mères y étant de près de 50 fois supérieur à celui enregistré dans les pays les plus riches, tandis que les bébés y ont dix fois plus de chances de perdre la vie.

La mortalité maternelle en hausse en Syrie, au Venezuela, aux Etats-Unis et au Canada

En 2018, un enfant sur treize est mort avant l’âge de cinq ans dans cette région, contre un sur 196 en Europe, toujours d’après les statistiques de l’ONU. Une femme sur 37 meurt pendant l’accouchement en Afrique subsaharienne contre une sur 6.500 dans les pays européens. Et les Nations unies ont averti qu’au rythme actuel, l’objectif fixé au niveau mondial est de parvenir d’ici à 2030 à passer sous une moyenne de 70 femmes mourant pour 100.000 nouveau-nés ayant survécu serait loin d’être atteint.

Pire, dans le contexte général d’un taux en baisse, la mortalité maternelle s’est accrue entre 2000 et 2017 dans 13 pays, dont certains connaissant des conflits ou de graves crises, comme la Syrie et le Venezuela, a relevé l’ONU. La plus forte hausse – 58 % – de ce taux en 17 ans a cependant été enregistrée aux Etats-Unis, celui-ci y étant passé à 19 femmes mortes pour 100.000 nouveau-nés ayant survécu. Au Canada, l’augmentation a été de 11 %, soit 10 pour 100.000 en 2017.