VIDEO. Dordogne: «C'est comme au cabinet», consultez un médecin à la... pharmacie!

SANTE Deux officines de Bergerac proposent depuis quelques semaines des téléconsultations

Clément Carpentier

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Deux pharmacies de Bergerac proposent ce service.
Deux pharmacies de Bergerac proposent ce service. — Pharmacie Laur
  • Des pharmacies de Bergerac proposent des consultations avec des médecins dans leurs locaux depuis mi-août.
  • Le personnel peut prendre la tension du patient ou sa température avant de le laisser faire sa téléconsultation. Le médecin peut notamment se servir à distance d’un otoscope connecté ou d’une petite caméra.
  • Ce système tend à se développer notamment à la campagne pour lutter contre les déserts médicaux.

Depuis le 15 août, la pharmacie de Ghislaine Laur à Bergerac n’est plus une officine comme une autre. En effet, on peut également y consulter un médecin sur place. Comment ? Grâce à une petite salle dédiée à la télémédecine. « Ce sont surtout des gens dans l’urgence qui viennent nous voir pour une gastro, une otite, une infection urinaire ou même un simple renouvellement car ils n’ont pas trouvé de médecin de libre », explique-t-elle.

Dans un premier temps, elle peut prendre le patient en charge : « Je peux lui prendre sa tension, sa température ou encore le peser mais c’est tout. Ensuite, je le mets en relation avec le médecin via une plateforme et je sors car la plupart des gens tiennent à la confidentialité. » La consultation avec le médecin peut alors commencer grâce à une webcam installée sur l’ordinateur.

Petite caméra et otoscope connecté

« Au départ, ce n’est pas évident car on a toujours eu nos patients en face de nous et on a peur de passer à côté de quelque chose – pour la petite histoire, un jour, j’examinais les pieds d’un patient… À la fin, je suis allé me nettoyer les mains alors que j’avais juste touché mon clavier (rires) – Il faut s’habituer mais tout est parfaitement sécurisé », rappelle Arnaud Cugerone, médecin généraliste à Bergerac.

Il peut en plus s’appuyer sur une pharmacie très bien équipée avec un otoscope connecté ou une petite caméra pour ausculter les oreilles des patients. « Franchement, c’est génial. Je suis rassuré. L’écran n’est plus du tout une barrière. On a l’impression d’être à côté du docteur. C'est comme au cabinet », lâche une patiente. Lors de la consultation, le patient peut scanner des documents, envoyer des photos et recevoir en échange son ordonnance avant de payer sur la plateforme.

Arnaud Cugerone relève tout de même une limite. Par exemple « en cas de gastro, je ne peux pas palper le ventre du patient et savoir s’il y a quelque chose de plus grave. Mais pour le moment, pour ce qu’on peut traiter, le système est plutôt très efficace. »

Un système adéquat pour les petites communes ?

A Bergerac, elles seront bientôt trois pharmacies à proposer ce service. Ghislaine Laur précise qu’il n’y a pas que « des médecins généralistes qui peuvent répondre aux patients mais aussi des gynécologues, des dermatologues ou des pédiatres. Je pense que ce système a vraiment de l’avenir. » Si ce n’est pas encore LA solution miracle pour mettre fin aux déserts médicaux, elle peut déjà essayer de les réduire.

Pour le médecin bergeracois, « ce système pourrait notamment aider dans des petites communes où il y a de moins en moins de médecin. Un jour, on pourrait même voir des cabines réservées à la télémédecine… » En attendant, Arnaud Cugerone a d’autres idées comme travailler en collaboration à distance avec une infirmière.