Sommeil, règles douloureuses, cellulite : La pleine lune a-t-elle des effets sur notre organisme ?

AHOUUUUUUUUU Nombreux sont celles et ceux qui observent des changements, notamment de sommeil et d’humeur, lors de la pleine lune

Anissa Boumediene

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Nombreux sont celles et ceux qui pensent que la pleine lune a des effets sur leur organisme.
Nombreux sont celles et ceux qui pensent que la pleine lune a des effets sur leur organisme. — Jacques Witt/SIPA
  • Objet de nombreux mythes et légendes, la Lune a un côté mystérieux et se voit prêter pouvoirs et effets relevant presque du magique.
  • Mais certains et certaines observent toutefois des effets tangibles sur leur organisme au moment de la pleine lune, qui a lieu ce samedi soir.
  • Troubles du sommeil et anxiété sont fréquemment observés. Mais le satellite de la Terre a-t-il vraiment un effet sur notre organisme ?

Vous craignez de ne pas bien dormir la nuit prochaine ? Ou d’être mal luné ? Et si c’était à cause… de la pleine lune ? Sommeil perturbé, anxiété, règles plus douloureuses : tous ces troubles pourraient – chez certains – être exacerbés lorsque la Lune brille de tout son disque. Ainsi, nombreux sont celles et ceux qui observent sur leur organisme des effets – négatifs ou positifs – imputables selon eux au satellite de la Terre. Mythe ou réalité ? La communauté scientifique est divisée sur le sujet. Nombre de médecins et chercheurs pensent que ces phénomènes relèvent de la croyance populaire, mais certains travaux établissent un lien entre cycle lunaire et troubles du sommeil. Alors que la Lune sera pleine ce samedi, 20 Minutes tente de percer le mystère de ses effets sur le corps humain.

Des marées intérieures ?

« Sachant que notre corps est composé à 65 % d’eau et que la Lune a des interactions avec les milieux aqueux, ce n’est pas fou de penser que la Lune exerce une attraction sur nous », théorise Caroline, l’une de nos lectrices. Et elle n’est pas la seule à s’interroger sur l’influence du satellite de la Terre sur nous autres humains. « Notre corps est composé de plus de 60 % d’eau, alors si ça joue sur les marées, pourquoi pas sur nous ? », questionne aussi Christine. C’est vrai, le phénomène des marées s’explique par l’influence de la Lune (et dans une moindre mesure du Soleil) sur les masses d’eau de la Terre, par un effet combiné de la gravitation universelle et de la force centrifuge. Et lors de la pleine lune, quand la Terre, la Lune et le Soleil sont à peu près dans le même axe, l’influence des corps célestes est plus forte et les marées aussi.

Mais l’être humain serait-il lui aussi soumis à des marées intérieures ? De nombreux scientifiques rappellent que la Lune n’a d’influence que sur les très gros volumes d’eau : les mers, les océans et les cours d’eau qui s’y jettent. Toutefois, « dans notre corps, les cellules baignent dans un liquide extra-cellulaire, explique à 20 Minutes le Dr Jean-Christophe Charrié, médecin généraliste. Et on peut considérer qu’à l’intérieur de notre organisme, il y a une sorte de marée entre l’intérieur et l’extérieur des cellules : c’est un phénomène osmotique. Ces micropassages d’eau peuvent ainsi être, eux aussi, influencé par la pleine lune ».

Sommeil perturbé, irritabilité et anxiété

Parmi les effets de ces « micromarées intérieures » provoquées par la pleine lune : un sommeil de moins bonne qualité. Pour de nombreux lecteurs et lectrices de 20 Minutes sondés sur la question, l’impact délétère sur le sommeil est quasi unanimement déploré. « La pleine lune provoque chez moi une diminution du temps de sommeil et des difficultés à m’endormir », confie Pierre. Même constat pour Perrine : « j’ai beaucoup de mal à m’endormir, je me réveille plusieurs fois la nuit alors que j’ai habituellement un sommeil de plomb ! » Et comme eux, Marie relève qu’à cette période, elle est systématiquement « toujours très excitée, j’ai du mal à m’endormir. Je sens que mon rythme cardiaque s’accélère et j’ai tendance à être plus sensible et irritable. Je sais que c’est la pleine lune à travers les symptômes que je ressens ». Même cause identifiée et mêmes effets pour Manon qui, les nuits de pleine lune, a « un sommeil très perturbé. Cela fait des années que ça dure, de 48 heures avant à 48 heures après ».

Pour certains, ces difficultés d’endormissement et réveils nocturnes s’expliqueraient tout simplement par la plus forte luminosité générée par cette phase du cycle lunaire. Alors, la pleine lune, coupable fantasmagorique idéale ou responsable tangible d’un sommeil contrarié ? « Chez les personnes qui ont un taux d’aldostérone (une hormone) un peu plus élevé, on observe une hyperhydratation et une rétention d’eau exacerbées par la pleine lune, et une excitabilité accrue des cellules nerveuses, explique le Dr Charrié. Cela démarre deux jours avant la pleine lune et s’arrête deux jours après, et peut expliquer les troubles du sommeil et l’anxiété décrits par de nombreux patients ». Dans ce cas, le médecin recourt à la phytothérapie et prescrit à ses patients « des cures de plantes diurétiques, comme la piloselle ».

Une étude scientifique menée par une équipe de chercheurs de l’Université suisse de Bâle tend à confirmer l’impact néfaste de la pleine lune sur le sommeil. Alors qu’ils étudiaient les effets de l’âge sur le sommeil sur 33 participants durant 64 nuits, les chercheurs suisses ont découvert, a posteriori et par hasard, que le sommeil des volontaires était de moins bonne qualité à ce moment du cycle lunaire. L’observation des électroencéphalogrammes a révélé que le sommeil profond était raccourci de 30 % et que le temps de sommeil était globalement plus court de 20 minutes. Les participants ont déclaré que la qualité de leur sommeil était moins bonne de 15 % à ce moment-là, sans savoir que les données seraient analysées au regard du cycle lunaire. Enfin, les chercheurs ont relevé que les sécrétions de mélatonine, une hormone liée au sommeil et au  rythme circadien, étaient plus basses, corroborant ainsi la qualité altérée du sommeil. Des conclusions prises très au sérieux, puisqu’elles ont été publiées dans la prestigieuse revue scientifique Current Biology en 2013.

Règles plus douloureuses et jambes impatientes

Mais la pleine lune réserverait d’autres soucis. « J’ai de fortes migraines », indique Ariane. Et les femmes dont le cycle menstruel est calé sur le cycle lunaire souffriraient davantage lors de leurs règles. « Si la pleine lune et Dame nature ont le malheur d’être présentes en même temps, mes douleurs sont amplifiées, tout comme le syndrome prémenstruel », assure Angélique. Idem chez Clarisse. « Mes règles sont beaucoup plus douloureuses, raconte-t-elle. J’ai très mal au ventre, à la tête, je dors très mal et peu ». Pour d’autres, ce sont les jambes qui les font souffrir. « Ces nuits-là, j’ai mal aux muscles des bras, des engourdissements des mains et les jambes très lourdes », décrit Frédéric. Tout comme Manon, qui éprouve « des douleurs et des impatiences dans les jambes, ça me lance ».

« Sur le plan physiologique, la pleine lune a pour effet de réduire la calcémie, le taux de calcium dans le sang, ce qui aggrave le terrain spasmophile, expose le Dr Charrié. Avoir un terrain spasmophile, c’est être davantage sujet à des spasmes et des douleurs, à un excès d’excitabilité de la fibre musculaire, ce qui peut notamment se faire ressentir au niveau des jambes et de l’utérus, et expliquer ainsi crampes, règles plus douloureuses ou encore tachycardie. Mais ces effets s’observent seulement chez les personnes qui sont sensibles à ces variations exacerbées par la pleine lune : ce n’est qu’un facteur additionnel, pas un déclencheur », insiste le médecin. Si l’impact physiologique de la pleine lune peut être réel – bien que difficilement mesurable –, « il y a aussi quelque chose de l’ordre du phénomène d’association spontané, contraste le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre spécialiste du sommeil et présidente du réseau Morphée. Si on a du mal à dormir ou que quelque chose ne va pas, on peut avoir une tendance naturelle à faire le lien entre les deux, même s’il n’y en a pas forcément ».

Sérénité, énergie et autres bienfaits

Mais la Lune ne ferait pas que nous rendre dingos : lorsqu’elle brille de toute sa rondeur, elle pourrait aider les femmes à se débarrasser de leur cellulite. Dans le dernier hors-série du magazine Sens & santé, édité par Le Monde, le Dr Charrié préconise des monodiètes alimentaires​ adaptées à chaque saison, dont une « cure ananas-champignon pour vaincre la cellulite aqueuse »*. Une cure à faire « au printemps et à commencer deux jours avant la pleine lune pour en optimiser les effets, préconise-t-il. Ce cycle de drainage et de nettoyage de l’organisme sera plus efficace s’il est observé à ce moment du cycle lunaire ».

Et certains, qui ne demandent pourtant pas la Lune, se sentent plus sereins que jamais lorsqu’elle est pleine. « J’adore la pleine lune, confie Alain. Je me sens super-bien dans la semaine qui l’encadre ». Même euphorie lunaire pour Eliane : « je ne suis jamais mieux que les nuits de pleine lune : calme, inspirée, en accord avec l’univers ». Et Guy, lui aussi, constate sur lui « une influence positive depuis toujours : je suis de bonne humeur et je ressens plus de bien-être ». Outre la croyance mystique, peut-on rationnellement expliquer ce ressenti ? De la même manière que pour les moins chanceux avec la Lune, « on peut expliquer cette plénitude par l’influence de la pleine lune sur la calcémie, décrypte le Dr Charrié. Celles et ceux qui ont un taux de calcium plus élevé dans le sang, qui sont sujets aux calculs biliaires, pour ceux-là, l’influence de la pleine lune sera positive. C’est un petit "plus" physiologique, il n’y a rien de mystique ».

* Les cures présentées dans le magazine sont réservées à l’adulte en bonne santé. Elles ne doivent pas être suivies par des enfants, par des femmes enceintes, en cas de carences, de troubles alimentaires ou de maladies.