Alsace : « C'est un coup de massue », la ferme bio Durr touchée par la listeria doit fermer

BACTERIES Tous les produits de la ferme Durr sont rappelés, même les charcuteries ou flans pour cause d’infection à la listeria. La justice a été saisie

Angélique Férat

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L'exploitation a été totalement fermée par le préfet.
L'exploitation a été totalement fermée par le préfet. — Pixabay
  • La ferme Durr, située à Boozheim, dans le Bas-Rhin, est totalement fermée sur décision du préfet.
  • Tous les produits sont rappelés : les fromages au lait cru mais aussi les flans et les charcuteries.
  • Les dernières analyses menées par la direction des services vétérinaires montrent une infection à la listeria généralisée.

Les consommateurs doivent absolument faire le ménage dans leur frigo. Tous les produits de la ferme Durr, située à Boofzheim, dans le Bas-Rhin, sont rappelés. En cause, une infestation à la listeria. Après le rappel des seuls produits laitiersdimanche, toute la production de l’exploitation est désormais concernée. A savoir les yaourts, les fromages et la crème mais aussi les flans et les charcuteries.

Le ministère recommande de ne pas les manger, quelle que soit la date limite de consommation. Ces produits bio commercialisés également sous la marque Biolacte sont distribués en grandes surfaces dans toute la France. L’exploitation doit être totalement fermée : elle ne peut plus rien produire ni vendre.

La décision a été prise par le préfet ce mardi soir, suite aux dernières analyses effectuées, qui se sont révélées défavorables. La bactérie serait en effet présente à plusieurs endroits de la chaîne de production. Selon les informations de 20 Minutes, la gendarmerie est passée ce mercredi pour vérifier que la décision du préfet était correctement suivie par les exploitantes.

« Les autocontrôles, ça ne marche pas »

Ce mercredi matin, le téléphone de la ferme sonne dans le vide. Et dans le village de Boofzheim, « on se sent démuni », dit le maire, Eric Kléthi. « C’est un coup de massue mais c’est la bonne décision, il faut tout fermer pour repartir à zéro », poursuit l’édile. Car la ferme emploie 35 personnes, principalement des villageois, et elle existe depuis plus de 30 ans. Le maire tente de minimiser : « Il n’y a eu que huit cas de listériose en un an », mais il admet que « certaines décisions auraient dû être prises avant ».

Le communiqué du ministère de l’Agriculture est moins tendre. Il souligne de « graves dysfonctionnements dans l’entreprise ». Plusieurs autocontrôles sur des produits de la ferme avaient révélé la présence de la bactérie ces derniers mois. Ces contrôles défavorables ont été cachés aux autorités lors de leur venue. La justice a été saisie. La bonne foi des exploitantes est mise en cause par le ministère. La contamination n’est pas récente, les analyses ont démontré « une contamination persistante des productions », indique-t-il. Dans la réglementation française, le professionnel est responsable de la qualité de ses produits et il doit aviser les autorités s’il y a une anomalie. Tout comme il est responsable du rappel de ses produits et de l’information de ses revendeurs et des clients. Les sanctions vont du simple rappel à l’ordre, à une amende ou jusqu’à une peine de prison.

Chez Foodwatch, l’organisation de défense des consommateurs dans le secteur alimentaire, Ingrid Kragl s’agace : « C’est tout le temps la même chose dans ce genre de cas, les autocontrôles, ça ne marche pas, on le dit et on le répète. Il faut des contrôles réguliers et obligatoires, faits par une autorité extérieure. » Est-ce la fin de la ferme Durr, pionnière du bio en Alsace ? Dès ce week-end, les exploitantes parlaient de détruire totalement les unités de production pour repartir de zéro.