Injections de cellules souches : Trois questions pour comprendre le « traitement secret » de Michael Schumacher ?

MEDECINE Selon « Le Parisien », Michael Schumacher reçoit des injections de cellules-souches. « 20 Minutes » répond à trois questions sur cette thérapie qui a le vent en poupe

Jean-Loup Delmas
— 
Mick Schumacher, vainqueur du Grand Prix de Formule 3 à Nuerburg, le 9 septembre 2018.
Mick Schumacher, vainqueur du Grand Prix de Formule 3 à Nuerburg, le 9 septembre 2018. — Suer Thomas/action press/REX/Shutterstock/SIPA
  • Selon les informations du Parisien, Michael Schumacher reçoit des injections de cellules-souches.
  • Un procédé révolutionnaire de la médecine régénératrice, mais qui en est encore à ses balbutiements.
  • 20 Minutes fait le point sur les questions que pose cette technique médicale.

Selon les informations du Parisien, Michael Schumacher, dans le coma depuis six ans, est soigné en secret à Paris, dans les mains du professeur Philippe Menasché, expert de la thérapie cellulaire. Le pilote allemand​ se verrait notamment administré des injections de cellules-souches, selon les informations de nos collègues. A 20 Minutes, on a essayé de creuser en trois questions ces soins mystérieux.

D’où viennent les cellules-souches ?

Ces cellules-souches pluripotentes induites (CSPi ou IPs cells en anglais) sont des cellules prélevées sur le corps et reprogrammées à l’état de cellules-souches « en leur administrant deux trois gènes typiques des cellules-souches, des gènes de "souchitude" » simplifie Anne Wojtusciszyn, professeure des universités et praticienne hospitalière au CHU de Montpellier, dirigeant le laboratoire de thérapie cellulaire du diabète.

L’intérêt de cette méthode est qu’elle permet de créer des cellules-souches à partir de cellules adultes au lieu de les puiser chez les embryons, évitant ainsi tous les débats éthiques que le prélèvement de cellules embryonnaires poserait.

A quoi ça sert et quel rapport avec Schumacher ?

Le potentiel des cellules-souches dans la médecine régénératrice est immense : en effet, avec leur taux de réplication énorme et leur possibilité d’évolution multiple, les cellules-souches peuvent se reproduire en cellules neuronales, cardiaques, immunitaires, etc.

Ainsi dans le cadre du traitement du pilote allemand, il s’agirait d’obtenir une réponse anti-inflammatoire selon Le Parisien. Attention toutefois : « Penser que les cellules-souches peuvent reconstruire entièrement un organe endommagé, c’est de la science-fiction. Cela peut aider un organe défaillant en lui injectant des cellules saines et fonctionnelles, mais ça ne le régénère pas entièrement », prévient Anne Wojtusciszyn.

Est-ce qu’on maîtrise le procédé ?

« Pour l’instant, la médecine régénératrice à base de cellules-souches n’en est qu’à ses balbutiements », tempère tout de suite Anne Wojtusciszyn : « Tout n’est encore que sous la forme d’essai clinique, et il n’y a que peu de publications chez l’humain ». Nous en sommes encore au premier stade, et autant dire que les connaissances restent sacrément floues sur le procédé.

Anne Wojtusciszyn énumère les interrogations : « Est-ce que cela fonctionne, est-ce que cela tient dans la durée, est-ce que cela a une réelle efficacité ? ». Même si plusieurs tests ont été concluants chez les animaux, de potentiels effets secondaires sont également redoutés : « Les cellules-souches ont un taux de réplication extrêmement important : est-ce que cela va créer d’éventuelles tumeurs ? »

L’utilisation chez l’homme, si elle est extrêmement encadrée, est autorisée. Il y aurait ainsi une dizaine d’essais cliniques en France. Un de plus avec Schumacher, donc.