Grèves des urgences : Après les annonces d’Agnès Buzyn, les soignants se réunissent pour décider de la suite

MOBILISATION Lundi, la ministre de la Santé a présenté son plan de « refondation » des urgences hospitalières, qui comprend notamment « plus de 750 millions d’euros » d’ici 2022

20 Minutes avec AFP

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Lyon, le 6 février 2018. Les personnels paramédicaux des urgences de l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon, en grève, manifestent devant le siège des HCL pour réclamer davantage de moyens humains pour accueillir les patients dignement.
Lyon, le 6 février 2018. Les personnels paramédicaux des urgences de l'hôpital Edouard-Herriot à Lyon, en grève, manifestent devant le siège des HCL pour réclamer davantage de moyens humains pour accueillir les patients dignement. — E. Frisullo / 20 Minutes

« Avancée positive » pour les uns, « loin des attentes » pour les autres… Au lendemain de la présentation du plan de « refondation » des urgences hospitalières présenté par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, les grévistes doivent se réunir, ce mardi après-midi, pour décider des suites du mouvement.

Pour le collectif Inter-Urgences, les « 750 millions d’euros » promis par Agnès Buzyn d’ici 2022 ne suffisent pas pour répondre au mouvement de grève, débuté il y a six mois et qui a été suivi par 250 services d’urgences.

Les effectifs et les revalorisations salariales manquent à l’appel

Principales mesures : un nouveau « service d’accès aux soins » pour réguler les appels aux secours, des « admissions directes » sans passage aux urgences pour les personnes âgées et une meilleure « gestion des lits » disponibles dans les hôpitaux. Mais « rien sur les effectifs », déplore le président du collectif, Hugo Huon. Cet infirmier à l’hôpital parisien Lariboisière critique aussi un « déni des professions paramédicales » qu’Agnès Buzyn « se refuse complètement à revaloriser ».

Réunis en « assemblée générale nationale » à Saint-Denis en banlieue parisienne depuis douze heures, les membres du collectif doivent décider d’une probable poursuite du mouvement et d’un « calendrier d’action ».

Egalement présent, l’emblématique président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), Patrick Pelloux, a indiqué que son organisation déciderait jeudi « si (elle) rejoint le mouvement ». « Très déçu » par les annonces de la ministre, il a évoqué « un rendez-vous raté » sans « rien sur les revalorisations salariales » et a prédit que « la contestation va être sévère ». La CGT, qui appelle à une mobilisation mercredi dans tout le secteur sanitaire et social, a elle aussi jugé « décevantes » les annonces de la ministre. « On est loin des attentes du personnel », estime son secrétaire général, Philippe Martinez, ajoutant que la réponse n’est « pas à la hauteur des exigences et des besoins de la population ».

Des mesures qui vont « dans le bon sens »

Son homologue de la CFDT, Laurent Berger, a toutefois « une approche nuancée » et considère qu'« on ne peut pas dire qu’il ne s’est rien passé », même s’il « manque beaucoup de choses », en particulier « sur la reconnaissance professionnelle » et « la question des lits supplémentaires ». Du côté des dirigeants hospitaliers, la fédération du secteur public (FHF) a elle aussi apporté un soutien modéré au plan de la ministre. C’est « une première avancée mais il va lui falloir du courage politique pour une mise en œuvre efficace », a déclaré son président Frédéric Valletoux. Plus convaincu, le patron de la FHP (cliniques privées), Lamine Gharbi, salue « un important effort financier » et y voit « le signe que l’exécutif a pris la mesure des enjeux ».

« On ne s’attendait pas à un choix budgétaire aussi important », a reconnu François Braun, président de l’association Samu-Urgences de France, se disant « satisfait et confiant » de « mesures qui vont dans le bon sens pour sortir de cette crise ». Elles « sont la preuve d’une volonté de faire une réforme en profondeur », a renchéri Agnès Ricard-Hibon, présidente de la Société française de médecine d’urgence (SFMU). L’Ordre national des infirmiers, pour sa part, « se réjouit » des « compétences élargies » qui seront déléguées aux soignants – comme prescrire une radio ou réaliser une suture sans attendre un médecin.