Grève des urgences : Agnès Buzyn veut dédier 750 millions d’euros à la refondation des urgences

MESURES Les services d'urgences sont en grève depuis presque six mois

20 Minutes avec AFP

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La ministre de la Santé Agnès Buzyn à Matignon, le 6 septembre 2019.
La ministre de la Santé Agnès Buzyn à Matignon, le 6 septembre 2019. — AFP

La ministre de la Santé a présenté ce lundi son « plan d’actions » avec un « budget dédié » pour régler la crise des urgences qui dure depuis bientôt six mois.  Agnès Buzyn a notamment promis 750 millions d’euros entre 2019 et 2022 pour la « refondation des services d’urgences ».

Cette somme, qui ne s’ajoutera pas au budget déjà prévu pour les dépenses de santé, mais sera puisée dans des crédits existants, servira à financer diverses mesures visant à désengorger les urgences, en s’appuyant davantage sur la médecine de ville et en accélérant les prises en charge. Mais à ce stade, le ministère ne prévoit pas d’ouvertures de lits ni de recrutements de personnels, comme le réclament les grévistes.

Un nouveau service pour orienter les patients

Au total, ce sont 12 mesures qui ont été annoncées par Agnès Buzyn, dont une réforme du financement des urgences et le développement de protocoles permettant des prises en charge par les kinésithérapeutes ou les pharmaciens.

La création d’un « service d’accès aux soins » (SAS) figure parmi la douzaine de mesures présentées ce lundi par la ministre aux représentants des personnels et dirigeants hospitaliers, ainsi qu’aux syndicats de médecins libéraux et au collectif Inter-Urgences, à l’origine de la grève. En ligne ou par téléphone, 24 heures sur 24, ce service orientera les patients vers une consultation en ville ou une téléconsultation ou vers les urgences, éventuellement via l’envoi d’une ambulance. D’un montant évalué à 340 millions d’euros, il doit être mis en place « à l’été 2020 », a précisé Agnès Buzyn, pour qui « l’heure n’est plus aux constats mais aux solutions ».

« Un déni des professions paramédicales »

La ministre « se refuse complètement à revaloriser les métiers soignants, il y a un tel déni des professions paramédicales, c’est assez fou », a regretté auprès de l’AFP Hugo Huon, le président du collectif Inter-urgences à l’origine du mouvement de grève. Il a notamment déploré qu’il n’y ait « rien sur les lits, rien sur les postes ».

Rappelant que le collectif doit se réunir mardi en Assemblée générale, il a estimé que « les gens sont très sceptiques » sur ces annonces. De son côté, la CGT, qui a appelé à manifester mercredi, a dénoncé des « annonces décevantes » qui ne seront « effectives qu’à moyen voire long terme ».