Lyon : Des chiens bientôt au chevet des patients en réanimation pout tester la thérapie assistée par l'animal

EXPERIMENTATION D'ici à la fin septembre, la thérapie assistée par animal sera proposée à certains patients hospitalisés en réanimation à Lyon dans le cadre d'une étude expérimentale

Elisa Frisullo

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Des chiens de l'école vétérinaire de Marcy l'Etoile vont faire leur entrée en réanimation à Lyon. Illustration.
Des chiens de l'école vétérinaire de Marcy l'Etoile vont faire leur entrée en réanimation à Lyon. Illustration. — Superstock Sipa
  • Dès la fin du mois, des chiens vont faire leur entrée à l’hôpital Edouard-Herriot à Lyon dans le cadre d’un projet destiné à prouver les bienfaits de la thérapie assistée par animal.
  • Cette expérimentation va être conduite auprès de patients stabilisés de réanimation.
  • L’impact des chiens sur les troubles anxieux développés par ces patients va être notamment étudié.

Dans les prochaines semaines, des invités un peu particuliers vont faire leur entrée au sein de l'hôpital Edouard-Herriot. Des chiens vont en effet investir, pour quelques séances par mois, l’une des salles du CHU dans le cadre du projet RéAnimal. Soutenu par la Fondation des Hospices civils de Lyon (HCL) cette expérimentation est destinée à prouver scientifiquement les bienfaits de la thérapie assistée par l'animal sur des patients hospitalisés en réanimation.

« Cette étude s’adresse aux personnes en phase de consolidation. L’objectif est de mesurer l’impact de la médiation animale sur les troubles anxieux de ces patients admis en réanimation », explique Amélie Mazaud, anesthésiste-réanimateur à Edouard-Herriot. Des malades très souvent marqués psychologiquement par leur passage dans ce service.

De nombreux patients développent un trouble anxieux

« Quand on est en réanimation, notre vie dépend des machines. Les patients qui y sont admis sont des cas extrêmement graves. Quand ils s’en sortent, entre 30 et 70 % d’entre eux développent un stress anxieux, des traumatismes. Ils ont le sentiment d’avoir vécu une agression. Pour certains, c’est comme s’ils avaient fait la guerre », ajoute le médecin, convaincu que la thérapie assistée par l’animal pourrait les aider à surmonter cette épreuve.

Si la médiation animale existe depuis longtemps, en oncologie, pédiatrie ou encore en gériatrie, et a été détaillée dans la littérature médicale, son impact réel sur le patient n’a jamais fait l’objet d’une étude scientifique, à la connaissance des porteurs du projet RéAnimal.

Pour mener à bien cette étude, deux groupes de patients volontaires vont être choisis. L’un d’eux sera mis au contact des chiens, avec au programme, jeux, caresses et interactions, le second groupe non. « Cela nous permettra de voir s’ils sont moins anxieux ou non avec ou sans le contact avec les chiens », détaille le Dr Mazaud.

Un accueil des animaux compatible avec les règles de l’hôpital

Le second objectif de l’étude est de démontrer qu’avec des mesures adaptées, la venue d’animaux à l’hôpital est faisable et sans risque pour les malades. L’école vétérinaire de Marcy l’Etoile a donc été sollicitée pour participer au projet et sélectionner des chiens au comportement adapté, en bonne santé et traités (parasites, etc.). La direction des HCL et le centre de lutte contre les maladies nosocomiales ont ensuite donné leur accord pour que le projet soit mené au sein de l’hôpital.

Après deux ans, les équipes médicales feront un bilan de la thérapie assistée par animal. « On verra si cela fonctionne. J’espère que cela fera du bien à nos patients et qu’on va ouvrir une porte », ajoute Amélie Mazaud, qui observe déjà un véritable attrait des malades et une grande adhésion des équipes médicales pour le projet. « Il y a aussi d’autres services hospitaliers qui nous ont déjà contactés pour savoir comment nous avions monté ce projet et pour nous suivre », s’enthousiasme la jeune femme.

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Pour soutenir ce projet

Le projet RéAnimal est financé par la fondation des HCL à hauteur de 15.000 euros. Un appel aux dons a été lancé pour permettre au grand public de soutenir cette étude, dont le coût global est estimé à 23.000 euros.