Sida: Découverte d'une seconde mutation génétique résistante au VIH

RECHERCHE Cette mutation très rare concerne le gène Transportine-3, qui joue un rôle dans le transport du virus à l’intérieur des cellules

20 Minutes avec agences

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Un laboratoire de recherche. Illustration.
Un laboratoire de recherche. Illustration. — Bony - Sipa

La découverte pourrait être une piste pour de nouveaux médicaments anti-VIH. Une mutation génétique extrêmement rare, responsable d’une maladie musculaire touchant une centaine de personnes, crée une immunité naturelle contre le virus du sida, ont rapporté ce jeudi des chercheurs espagnols.

Cette mutation très rare concerne le gène Transportine-3 ou TNPO3. Elle a été découverte il y a des années chez une même famille espagnole, atteinte d’une maladie musculaire ultra-rare, appelée dystrophie musculaire des ceintures de type 1F.

Des lymphocytes naturellement résistants au VIH

Les médecins se sont aperçus que des chercheurs sur le VIH s’intéressaient séparément au même gène, car il joue un rôle dans le transport du virus à l’intérieur des cellules. Ils ont donc contacté des généticiens de Madrid, qui ont eu l’idée de tenter d’infecter, en laboratoire, du sang des membres de cette famille avec le virus du sida. Surprise : les lymphocytes de ceux qui avaient cette maladie musculaire ultra-rare étaient naturellement résistants au VIH. Le virus n’arrivait pas à rentrer dedans.

« Cela nous aide à comprendre beaucoup mieux le transport du virus dans la cellule », explique José Alcami, le virologue de l’Institut de santé Carlos III à Madrid qui a mené ces recherches publiées dans la revue américaine PLOS Pathogens. Le VIH est certes le mieux connu de tous les virus, dit-il, « mais il y a encore beaucoup de choses qu’on connaît mal », nuance-t-il toutefois.

Une seconde mutation découverte

Le chemin est encore long pour exploiter cette faille afin de produire un nouveau médicament. Mais la découverte de cette résistance naturelle confirme que le gène TNPO3 est une cible intéressante pour barrer la route au virus.

Jusqu’à présent, une première mutation était bien connue grâce au « patient de Berlin », Timothy Brown. Celui-ci a guéri du VIH grâce à une greffe de cellules-souches contenant une mutation rare du gène CCR5, qui confère aussi une immunité naturelle contre le virus.