Aude: Des parents demandent de nouveaux dépistages pour la pollution à l'arsenic

EMPOISONNEMENT Des dépistages pour les adultes sont notamment demandés

J.-L. D. avec AFP

— 

La mine d'or de Salsigne, fermée en 2004, dont les déchets polluants font encore polémique.
La mine d'or de Salsigne, fermée en 2004, dont les déchets polluants font encore polémique. — ERIC CABANIS / AFP

Une trentaine de parents d’élèves de la vallée de l’Orbiel (Aude) se sont rassemblés vendredi devant l’hôpital de Carcassonne pour demander de nouveaux dépistages après l’annonce par l’ARS d’une surexposition à l'arsenic d'environ 40 enfants.

Les craintes des habitants de la région sur de possibles écoulements provenant de l’ancienne mine d’arsenic de Salsigne​ s’étaient confirmées fin juin, avec la découverte de taux d’arsenic plus élevés que la moyenne chez trois enfants scolarisés dans les écoles de Mas-Cabardès et Lastours.

Un deuxième test sous deux mois

Trente-cinq autres, sur 103 enfants de moins de 11 ans testés, ont depuis été diagnostiqués avec un taux dans l’urine par gramme de créatinine supérieur à 10 microgrammes/gramme -la valeur de référence, selon l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, qui a mis en place un dispositif de surveillance.

L’ARS a en effet recommandé un deuxième test sous deux mois pour les enfants surexposés, pour déterminer si les taux établis attestent d’une exposition récente ou chronique.

La création d’un « climat anxiogène »

Plusieurs parents ont témoigné devant les médias de leur inquiétude, certains réclamant qu’un dépistage soit aussi mis en place pour les adultes et apportant des prélèvements, qui seront testés à leurs frais.

« On suit le protocole de l’ARS pour les enfants. Mais en tant qu’adulte, on aimerait savoir aussi à quel taux nous sommes aussi exposés », a relevé Emeline Févotte, déléguée des parents d’élèves de Lastours, dont les enfants ont été contrôlés à 27 et 36 µg/g de créatinine en juin dernier. « On est déstabilisé. Ça crée un climat anxiogène car on ne sait pas comment éviter les contacts » avec les sources de pollution, a-t-elle affirmé.

« Cela fait vingt-trois ans que nous menons le combat » pour dénoncer la pollution du site, « tout ceci aurait pu être évité » déplore Guy Augé, président de l’association des riverains de Salsigne, également présent.