Chlamydia: Un vaccin a passé avec succès sa première phase de test, de nombreuses étapes encore à venir

IST Le vaccin, qui a prouvé son efficacité lors du premier test, va faire l’objet d’autres tests et recherches

20 Minutes avec agences

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Illustration d'une personne reçevant un vaccin.
Illustration d'une personne reçevant un vaccin. — Dwayne Desaulniers/AP/SIPA

Les femmes pourront-elles un jour se faire vacciner contre les chlamydias ? C’est ce qu’espèrent des chercheurs, dont les premiers tests sur un vaccin ont donné des résultats encourageants. Il s’agit du premier vaccin contre la chlamydia à être testé dans le cadre d’un essai clinique.

Une étude, publiée ce mardi dans la revue The Lancet Infectious Diseases, montre qu’un vaccin en cours d’élaboration est déjà « sûr et capable de provoquer une réponse immunitaire ». D’autres recherches sont cependant encore nécessaires « pour déterminer si [cette réponse immunitaire] protège efficacement » contre la chlamydia, indique l’étude.

Une version du vaccin produit plus d’anticorps

Les chercheurs ont mené l’étude sur 35 femmes qui n’avaient pas été infectées par la chlamydia, en utilisant deux versions du vaccin. Quinze femmes ont reçu l’une des formulations, quinze autres ont reçu la seconde et les cinq dernières ont reçu un placebo. Les deux versions du vaccin ont provoqué une réponse immunitaire chez les femmes testées.

Pour autant, les performances de la première formulation étaient meilleures : en effet, elle a permis de produire davantage d’anticorps. C’est donc elle qui a été choisie pour la suite des recherches. Même si « de nombreuses années » de recherche sont encore nécessaires, « nous prévoyons de passer au prochain stade, l’étude clinique de phase 2 », a indiqué l’une des coauteurs.

Des complications graves

Chaque année, 131 millions de personnes dans le monde contractent cette infection, selon des estimations de l’OMS. Un chiffre sûrement en deçà de la réalité car quelque 70 % des femmes infectées ne ressentent aucun symptôme et ignorent qu’elles sont infectées. La chlamydia est plus fréquente chez les femmes de 18 à 25 ans que chez les hommes du même âge. Elle peut entraîner chez elles des complications sévères, comme des inflammations pelviennes, des grossesses extra-utérines voire la stérilité.

En outre, elle augmente les risques de contracter d’autres IST, comme la gonorrhée ou le sida. La chlamydia peut être soignée grâce à des antibiotiques. Mais « vu l’impact de cette épidémie sur la santé des femmes, sur la santé reproductive, sur la santé des enfants en cas de transmission […], le besoin d’un vaccin est réel », estime le Pr Peter Andersen, coauteur de l’étude.