Guadeloupe: Plusieurs milliers de personnes dans les rues pour soutenir le personnel en grève au CHU

SOS HOPITAL Une dizaine d’organisations syndicales avaient appelé à la mobilisation pour défendre le centre hospitalier, victime d’un incendie il y a un an et demi

S.A avec AFP

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Le CHU de Guadeloupe a été victime d'un incendie en novembre 2017.
Le CHU de Guadeloupe a été victime d'un incendie en novembre 2017. — Helene Valenzuela / AFP

Plusieurs milliers de personnes ont défilé jeudi dans les rues de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, au départ du CHU, répondant à un appel à la mobilisation générale lancé par une dizaine d’organisations syndicales pour soutenir le personnel en grève.

Victime d'un incendie majeur le 28 novembre 2017, le CHU de Guadeloupe fonctionne depuis de façon perturbée. Plusieurs services ont été délocalisés dans des locaux transitoires inadaptés, selon le personnel. Un mouvement de grève générale a débuté au CHU de Guadeloupe le 23 juillet, et même depuis le 10 juillet aux urgences et à la maternité, pour dénoncer le manque de moyens humains et matériels, ainsi que la vétusté et l’exiguïté des locaux. En conséquence, la majorité des services fonctionne en service minimum.

Jeudi, le cortège est parti du CHU en direction du centre-ville de Pointe-à-Pitre et s’est ensuite rendu devant la sous-préfecture. Selon le média local Radio Caraïbes Internationale (RCI), 6.000 personnes avaient défilé d’après le décompte des syndicats. Le comptage des forces de l’ordre faisait état de 2.500 manifestants.

En plus de l’Union des travailleurs de la santé (UTS) – une branche de l’Union générale des travailleurs guadeloupéens (UGTG) – et de la CGTG, qui sont mobilisés à l’hôpital, onze organisations syndicales avaient invité leurs membres à manifester. En soutien, un appel à la mobilisation avait aussi été lancé devant le centre hospitalier de Basse-Terre ce jeudi.

Sur Twitter, le hashtag #SOSCHUGuadeloupe a été lancé pour informer, sensibiliser et partager des témoignages sur la situation sanitaire dans l’archipel.

Reprise des négociations

Les différentes négociations entre la direction du CHU et les autorités sanitaires n’ont pas permis de parvenir à un accord jusqu’ici. Mercredi, le dialogue s’est même tendu après des menaces du directeur, Gérard Cotellon, d'assigner en justice les organisations syndicales qui bloqueraient l’entrée du site à partir de jeudi avec une astreinte quotidienne de 5.000 euros.

Selon un sondage Qualistat réalisé en juillet 2019, 82 % de la population guadeloupéenne estime que ce mouvement social est justifié et 15 % des sondés le jugent injustifié.

Les négociations doivent reprendre vendredi matin. Mercredi, Gérard Cotellon a annoncé qu’une aide de 20 millions d’euros accordée par l’État, initialement remboursable, ne sera finalement pas à rembourser. De même, l’assurance de 40 millions d’euros débloquée après l’incendie de 2017, initialement déductible des aides gouvernementales, ne sera pas déduite. Le CHU fait actuellement face à de grosses difficultés budgétaires, avec notamment une dette fournisseur de près de 49 millions d’euros.