Pollution au tritium: Pourquoi l'eau potable francilienne ne présente pas de risques pour la santé

NUCLEAIRE L’annonce d’une contamination de l’eau potable au tritium en Ile-de-France s’est rapidement propagée il y a quelques jours. Une rumeur démentie par les autorités sanitaires franciliennes

C.R.

— 

Non, l'eau potable n'est pas dangereusement contaminée par du tritium
Non, l'eau potable n'est pas dangereusement contaminée par du tritium — LODI FRANCK/SIPA

« Je vous fais ce petit message pour vous dire de ne surtout pas boire l’eau du robinet ». L’information a rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Si vous avez un compte Whatsapp, vous avez peut-être reçu un message alarmiste d’une femme prétendument infirmière. « À [l’hôpital] Bichat, on a reçu un arrêté préfectoral à l’instant, disant que toute l’eau de l’Ile-de-France et de Paris a été contaminée au Titanium [sic] et est radioactive » alerte cette voix féminine dans un enregistrement largement relayé sur différentes plateformes.

« Plus de 6 millions de Français concernés »

Cette fausse rumeur est partie d’une étude dévoilée par l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) mercredi 17 juillet. Dans un communiqué, l’organisation annonce que 268 communes sont touchées par la présence de tritium, un élément radioactif, dans l’eau potable. Parmi les villes touchées, on retrouve de grandes agglomérations telles que Blois, Orléans, Tours, Angers, Nantes, et 122 communes d'Ile-de-France.

Intitulé « Tritium dans l’eau potable : plus de 6 millions de Français concernés. Quelle eau potable en cas d’accident nucléaire grave ? », le communiqué avait de quoi attirer l’attention. Bien qu’il soit noté « qu’aucune valeur ne dépasse le critère de qualité fixé à 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires », l’information, relayée par l’Agence France presse, fait le tour des médias aux alentours du 17 juillet et est largement commentée sur les réseaux sociaux.

Des niveaux « très loin du seuil de potabilité de l’OMS »

En réalité, vous pouvez continuer de consommer l’eau de votre robinet en toute sécurité. C’est ce qu’a annoncé le Service public de l’eau d’Ile-de-France, qui a réalisé 180 mesures de radioactivité depuis 2010. Les récentes analyses ont relevé que la moyenne était de 9 Becquerels (l’unité de mesure de la radioactivité d’un corps) par litre, alors que le seuil réglementaire européen est de 100 Bq/l. Mieux, nous sommes très loin du seuil de potabilité de l’OMS : 10.000 becquerels par litre d’eau.

Toutefois, il faut prendre en compte les particularités locales lorsque l’on parle de concentration en tritium dans l’eau. La présence de centrales nucléaires ou d’usines de retraitement et de recyclage de combustibles irradiés peut expliquer des différences de mesures selon les régions, comme le souligne le communiqué. Le document de l’Agro note par exemple que « Châtellerault présente des niveaux parmi les plus importants relevés. La moyenne sur 2016 et 2017 est de 31 Bq/litre ». L’association remarque que le taux est plus élevé le long de la Vienne, notamment à cause « des rejets radioactifs des installations nucléaires d’EDF ».

Une « fausse information » démentie par les autorités franciliennes

Sur Twitter, la préfecture d’Ile-de-France a publié un démenti vendredi dernier, certifiant qu’« aucun arrêté préfectoral n’a été pris par le préfet de Paris ». Les autorités ont précisé qu’il ne s’agissait que d’une « fausse information ».

Eau de Paris, l’opérateur public en charge de la production et de la distribution de l’eau dans Paris, a également assuré sur Twitter que « boire l’eau de Paris ne présente pas de risque pour la santé ».

L’Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) a également tenu à réagir, après avoir reçu de nombreux appels de personnes inquiètes pour leur santé. L’organisme a expliqué qu’il n’était question d’« aucun arrêté d’aucune sorte relatif à une contamination de l’eau ». L’AP-HP a également déclaré qu’il se réservait « le droit de porter plainte et de donner une suite judiciaire » après la mise en cause de l’auteure du message, fortement relayé sur les réseaux sociaux.

Nucléaire: les plaintes contre la pollution de l'eau se multiplient