VIDEO. Pas-de-Calais: Le Smur de Lens ne sera pas toujours opérationnel cet été faute de médecins

SANTE La pénurie de médecins urgentistes qui touche l’hôpital de Lens va obliger le service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) à rester fermé certains jours et nuits

G.D. avec AFP

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Illustration du SMUR.
Illustration du SMUR. — JS Evrard / SIPA
  • Le service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) de Lens fonctionnera de manière dégradée, cet été.
  • Le centre hospitalier est confronté à une pénurie de médecins urgentistes.
  • L’hôpital de Lens couvre un bassin de vie comptant 350.000 habitants, et voit passer plus de 60.000 adultes par an aux urgences.

Grave pénurie de médecins urgentistes. Le service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) de l’hôpital de Lens, dans le Pas-de-Calais fonctionnera de manière dégradée cet été et restera fermé certains jours ou nuits faute de médecins en nombre suffisant, a appris, mardi, l’AFP de sources concordantes.

Éprouvés depuis des mois par la saturation chronique du service, et le manque de moyens, 11 des 18 médecins urgentistes de l’hôpital de Lens ont présenté leur démission depuis l’hiver dernier et seront partis d’ici à la fin du mois d’août.

« Hémorragie de médecins »

« Pour faire face » à cette « hémorragie de médecins », le service des urgences et du Smur – qui fonctionne avec des équipes communes – « est contraint de se réorganiser », avec l’aide d’une « mission d’appui » désignée par l’Agence régionale de santé (ARS), a expliqué la direction dans un communiqué, transmis mardi à l’AFP.

Ainsi, afin de permettre aux urgences de fonctionner, l’une des deux équipes de Smur, celle de jour, a « cessé son activité temporairement à partir du 1er juillet ». La deuxième équipe de Smur, fonctionnant normalement 24 heures sur 24, « est toujours opérationnelle mais verra quelques plages non pourvues durant l’été », indique, dans ce texte, le docteur Alain-Eric Dubart, chef du pôle urgences au sein du groupement hospitalier (GHT) de l’Artois, qui comprend les hôpitaux de Lens, Béthune Beuvry, La Bassée et Hénin-Beaumont.

Une « dizaine » de trous dans les plannings

Les plannings d’été du Smur comptent actuellement une « dizaine » de trous : « trois nuits non couvertes dont deux samedis en juillet, et sept plages en août, dont cinq nuits de week-end », détaille Alain-Eric Dubart, assurant qu’une « solidarité intra-GHT (…) et une aide régionale » sont mises en place « afin de médicaliser ces plages vacantes ».

« La situation est gravissime et dangereuse : cela veut dire que le premier service d’urgences du département n’aura pas du tout de Smur pendant dix jours cet été » et que « le reste du temps, nous n’aurons aucune soupape de sécurité en cas d’imprévu, comme l’absence d’un médecin », a déploré Patrice Ramillon, secrétaire adjoint de FO au centre hospitalier.

Situé à une quinzaine de kilomètres de l’hôpital de Béthune et à une vingtaine de celui d’Arras, l’hôpital de Lens couvre un bassin de vie comptant 350.000 habitants, et voit passer plus de 60.000 adultes par an aux urgences.