VIDEO. Comment le cancer a évolué en France depuis trente ans?

MALADIE Une étude publiée ce mardi suit l'évolution de tous les cancers en France depuis 1990

Oihana Gabriel

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Illustrationt d'une IRM
Illustrationt d'une IRM — Pixabay
  • Un rapport de Santé Publique France et l’Institut national du Cancer revient sur l’évolution de tous les cancers de 1990 à 2018.
  • Organe par organe, selon le sexe, l’âge, le type de cancer, cet imposant rapport donne quantité de données sur cette maladie, première cause des décès en France aujourd’hui.

Cette maladie reste la première cause de décès en France en 2019. Et pourtant, le recul des cancers est une réalité. Une étude sur l'incidence et la mortalité des cancers en France métropolitaine entre 1990 et 2018, publiée ce mardi par l'Institut national du cancer et Santé publique France, et réalisée avec l’aide du réseau des registres des cancers (Francim) et des Hospices civils de Lyon, le prouve. Voici six informations à retenir de cet imposant rapport.

  • Plus de cas mais moins de décès sur trente ans

L’incidence de tous les cancers est restée stable chez les hommes (+0,1 % par an) et augmente légèrement chez les femmes (+1,1 % par an) entre 1990 et 2018. De même, la mortalité diminue globalement : -1,8 % par an chez les hommes, mais uniquement -0,8 % chez les femmes. Par ailleurs, le nombre de nouveaux cas de cancers est estimé à 382.000 en 2018.

  • Les femmes de plus en plus concernées par le cancer du poumon

Cette inégalité entre sexes s’explique notamment par le bond des cancers du poumon chez les femmes : + 5,3 % par an pour l’incidence, +3,5 % pour la mortalité. Des chiffres qui s’expliquent par le fait que les femmes se sont mises à fumer plus tard que les hommes. Et même si aujourd’hui, les jeunes femmes fument moins que leurs aînées, les statistiques ne refléteront cette baisse que dans quelques années. « Le cancer du poumon peut se déclarer dix, quinze, vingt ans après la période où la personne fumait », souligne Norbert Ifrah, président de l’Institut du Cancer.

  • Le cancer du sein de moins en moins mortel

Chez la femme, le cancer du sein est la 1er cause de décès par cancer, devant le cancer du poumon et le cancer colorectal. Si l’incidence continue à augmenter (+0,6 % par an entre 2010 et 2018), la mortalité, en revanche, continue de diminuer depuis 1990 (-1,3 %). Reste des interrogations sur le nombre croissant de femmes jeunes qui développent un cancer du sein.

  • Le cancer de la prostate en recul

Il reste le cancer le plus courant pour les hommes. Ce cancer masculin a connu sur trente ans une baisse de l’incidence de -3,5 % par an et de la mortalité de -2,8 % par an.

  • Le cancer du col de l’utérus mieux traité mais toujours présent

Ce cancer féminin lié au papillomavirus voit également une baisse de la mortalité de -2,1 %. En revanche, l’incidence baisse moins (-1,8 % par an) et surtout, ce cancer touche davantage les femmes de 50 à 60 ans.

  • Une inquiétude sur le cancer du pancréas, du rein, du foie et de la peau

Chez les hommes comme chez les femmes, le nombre de cas de cancer du pancréas (+2,7 % par an chez l’homme, +3,8 % chez la femme) augmente. Une tendance française, semble-t-il, qui n’a pas encore trouvé d’explication. Le cancer du rein (+1,7 % chez l’homme, +1,4 % chez les femmes) et du foie (+ 1,6% chez l’homme et + 3,5 % chez les femmes) voient aussi leur incidence augmenter. Enfin, le mélanome cutané, lié à une exposition au soleil sans protection, augmente de façon importante chez l’homme (+4 % par an), un peu moins chez la femme (+2,7 %).