Pourquoi il faut se méfier de la pollution à l'ozone

CHALEUR Ce mardi, les fortes chaleurs estivales pourraient bien engendrer un pic d'ozone, qui n'est pas sans conséquence sur la santé

Jean-Loup Delmas

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Mexico sous l'ozone
Mexico sous l'ozone — Benedicte Desrus/Sipa USA/SIPA
  • Ce mardi, la chaleur estivale pourrait engendrer une augmentation de la pollution à l’ozone.
  • Ce polluant serait responsable de 14.000 morts prématurés par an en Europe.
  • Quels sont les risques pour la santé ? Que faire ?

L’arrivée de l’été et du soleil (enfin), c’est sympa, mais pas que. La chaleur peut également engendrer une plus forte pollution à l'ozone ce mardi, dans certaines régions dont l’Ile-de-France. Et on ne parle pas des chanteurs. Alors que le thermomètre s’affole sur toute la France, 20 Minutes fait le point sur ce polluant.

C’est quoi, la pollution à l’ozone ?

On en entend souvent parler, sans savoir vraiment de quoi il s’agit. Alors voilà : « C’est une pollution secondaire, propre au pic de chaleur. Lorsqu’il fait très chaud et qu’il n’y a pas beaucoup de vent, l’oxyde d’azote, produit par les véhicules motorisés principalement et les composés organiques volatils (les hydrocarbures pour faire simple), deux polluants primaires, font une réaction physico-chimique sous l’effet de la chaleur », explique Laura Verdier, ingénieure en Sciences de la terre.

Quels sont les risques pour la santé ?

Ils sont malheureusement plutôt nombreux. Nathalie Huret, physico-chimiste de l’atmosphère, énumère : gêne respiratoire, toux, irritation des yeux, crise d’asthme. Sans compter un risque de mortalité chez les jeunes enfants et les personnes âgées, « avec notamment des particules fines qui s’infiltrent dans les bronches ». Les personnes à difficulté respiratoires sont bien évidemment les plus menacées. Selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), 14.000 morts prématurés par an en Europe sont imputables à l’ozone.

Comment s’en prémunir ?

Comme pour les autres types de pollution : fermer les fenêtres pendant les pics, ne pas faire trop d’activité physique ou de sport. Mais bonne nouvelle, vu que les pics d’ozone arrivent lorsqu’il fait très chaud, « la prévention se fait plus naturellement : en effet, par 40 degrés, il n’est pas nécessaire d’informer les gens de ne pas faire du sport en extérieur en cas de pollution d’ozone. Idem pour aérer, lors des fortes chaleurs, on va avoir tendance à le faire le matin lorsqu’il fait frais », analyse Laura Verdier. Or, tant que la chaleur n’est pas là, les réactions chimiques ne se font pas. « Du coup, les gens se protègent plus naturellement qu’en hiver, où il faut rappeler d’éviter les activités physiques en extérieur », appuie-t-elle.

Pourquoi les campagnes sont-elles parfois touchées ?

Contrairement à d’autres pollutions, « l’ozone est très volatil et a une durée de vie plus longue. De fait, les pics de danger ne sont pas toujours à l’endroit où les composants sont émis. Ne vous attendez donc pas à une pollution spécifique aux villes », analyse Laurence Rouil, directrice de recherche sur la pollution de l’air à l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris).

Et si vous voulez arrêter de la subir chez vous, ce n’est pas toujours le fait de laisser votre voiture au garage qui changera la donne pour votre ville. « En réalité, il faudrait plutôt que les Allemands arrêtent leurs émissions pour qu’on ne subisse plus le pic d’aujourd’hui », rigole Laura Verdier. Mais rien ne vous empêche de penser aux autres qui subiront vos émissions à vous et d’effectivement laisser votre voiture à la maison.

Pourquoi est-ce une pollution méconnue ?

Un problème de sémantique principalement. « Il y a une confusion entre l’ozone à notre portée et le trou dans la couche d’ozone, à 25 kilomètres au-dessus de nous », appuie Nathalie Huret, sans parler du fait que la pollution à l’ozone revêt souvent d’autres termes plus connus, comme le smog à Londres.

Laurence Rouil explique aussi : « Contrairement à d’autres pollutions, il n’y a pas de seuils réglementaires, seulement des seuils recommandés. Il n’y a donc pas de mesures contraignantes, et on retient moins ces pics-là. On en avait énormément parlé en 2003 avec la canicule, mais depuis cela a tendance à être moins médiatisé. »